Développement territorial

Premières études favorables pour Esch-Schifflange

13 Septembre 2017 Par Jean-Michel Lalieu
Parmi les nombreuses personnalités présentes, la bourgmestre d’Esch, Vera Spautz, a insisté sur l’intérêt du projet pour le développement du sud du pays. (Photo: Nader Ghavami)

L’ancien site sidérurgique d’Esch-Schifflange peut poursuivre sa route vers une reconversion en quartier urbain. Les premières études menées par le bureau d’études Agora sont favorables. La deuxième phase concernera les recommandations techniques et urbaines.

Après une première phase d’étude, il apparaît que les terrains de l’ancien site d’ArcelorMittal d’Esch-Schifflange pourraient bel et bien faire l’objet d’une reconversion.

Et pour que personne ne doute de l’intérêt du projet pour le sud du pays, ils se sont mis à sept pour le confirmer à la presse ce mercredi matin: trois ministres (François Bausch, Marc Hansen et Dan Kersch), deux bourgmestres (Vera Spautz pour Esch-sur-Alzette et Roland Schreiner pour Schifflange), le président d’Agora, Frank Vansteenkiste, et celui d’ArcelorMittal Luxembourg, Michel Wurth.

Du monde donc pour un projet dont on ne sait pas encore, à l’heure actuelle, s’il sortira de terre. Mais les augures semblent favorables. Les résultats des premiers diagnostics de l’étude de faisabilité ont donné des résultats positifs, qui permettent de poursuivre les investigations.

Le site d'Arcelor Mittal à Schifflange

Une pollution pas trop inquiétante

C’est en mai 2016 qu’ArcelorMittal Luxembourg a fait une déclaration officielle de cessation d’activité pour le site en veilleuse depuis 2011. Mais trois mois plus tôt, il avait déjà annoncé confier l’étude de sa reconversion à Agora, une société spécialisée dans la viabilisation des friches industrielles, codétenue par l’État et ArcelorMittal, et déjà au cœur du projet d’Esch-Belval.

Depuis, plus de 200 forages ont été effectués sur le site et 1.300 échantillons analysés pour dresser le bilan de l’état du sol. «Les premières conclusions montrent une pollution comparable aux autres sites sidérurgiques», commente Frank Vansteenkiste, président d’Agora. Il s’agit essentiellement d’une pollution endogène qui n’entraîne aucun élément de blocage vers un développement futur du site en quartier urbain.

La route est encore longue avant de voir les premières constructions sortir de terre sur ce site de 62 hectares, à cheval sur les communes d’Esch-sur-Alzette et de Schifflange. Selon l’accord défini au départ, Agora recevra les terrains gratuitement d’ArcelorMittal et pourra les commercialiser après les avoir dépollués. Des frais qui seront récupérés par la vente des futures parcelles. C’est notamment de ce calcul que dépend la viabilité économique du projet.

Ce projet ne sera pas concurrent à celui d’Esch-Belval.

Frank Vansteenkiste, président d’Agora

Mais pour l’heure, il s’agit de lancer la deuxième étape qui concerne la définition des recommandations techniques et urbaines. Elles seront présentées en 2018 et permettront la rédaction d’un cahier des charges pour le lancement, fin 2018, d’un concours international de programmation urbaine.

Il est donc encore beaucoup trop tôt pour tirer des plans sur la comète et orienter le projet vers du logement, des bureaux ou tout autre affectation. «Ce projet ne sera en tout cas pas concurrent à celui d’Esch-Belval, il lui sera complémentaire», conclut le président d’Agora.

Et comme à Esch-Belval, il est déjà certain que certains bâtiments du site seront intégrés dans le nouveau projet au titre de patrimoine industriel du pays.

Le site d'Arcelor Mittal à Schifflange