Édito - Juin 2018

Power branding

02 Juin 2018 Par Thierry Raizer
Luxembourg
À la croisée des chemins, il existe suffisamment de forces vives et de moyens pour lancer une vision du Luxembourg qui conjuguera croissance durable, économie à valeur ajoutée et infrastructures adéquates. (Photo: David Laurent/Wide/archives)

Doit-on se contenter d’être meilleurs que nos voisins ou vise-t-on l’excellence? À la lecture des résultats du baromètre de l’IMD sur la compétitivité de 63 pays, le Luxembourg recule mais ne chute pas. Ce classement de référence place le pays à la 11e place, contre la 8e un an plus tôt. Mieux que l’Allemagne (15e), la Belgique (26e) et la France (28e). On peut se rassurer à la lecture des résultats de voir le pays bénéficier du contexte économique international, du maintien de l’exportation des services. On peut s’inquiéter, en revanche, à la lecture du bulletin de santé listant les raisons de la baisse de la compétitivité, qui sont déjà connues et dépendent bel et bien de l’action des autorités.

Efficacité des pouvoirs publics, environnement des affaires, infrastructures… Le pays doit redoubler d’efforts s’il veut garder son rang. Le Grand-Duché continue de bénéficier d’une ouverture des élus à l’égard de l’entreprise et de sa stabilité politique. Mais d’autres économies se développent rapidement, et un pays comme la France commence à bénéficier de l’aura d’un président qui se veut «business friendly». S’il peut compter sur ses atouts historiques qui doivent être préservés, le Luxembourg doit se donner de nouvelles ambitions. Et renouveler les signaux aux investisseurs internationaux. Le chemin a été entamé par la coalition gouvernementale qui terminera son ouvrage en octobre prochain. Mais les efforts de rattrapage dans la mobilité, le lancement d’actions dans le digital et le début de réforme de l’appareil étatique ne suffisent pas. Ils devront rapidement être accélérés, pour anticiper les mutations de l’économie, et complétés par des investissements dans de nouveaux domaines comme l’intelligence artificielle. 

À la croisée des chemins, il existe suffisamment de forces vives et de moyens pour lancer une vision du Luxembourg qui conjuguera croissance durable, économie à valeur ajoutée et infrastructures adéquates. Des projets pilotes vont dans ce – bon – sens, à l’instar de l’accompagnement des collaborateurs vers de nouvelles compétences induites par une économie digitalisée et robotisée. Donner dès à présent un message d’investissement pour l’avenir aux entreprises en place et à celles qui veulent s’établir ici est une priorité. Ceux qui prétendent occuper le fauteuil de Premier ministre au lendemain des élections ont donc tout intérêt à proposer un «power branding» pour le pays, assorti d'idées concrètes. La publication in extenso des programmes électoraux annoncée pour cet automne paraît quelque peu décalée à cet égard.