Start-up

Pour Job Today, «the sky is the limit»

05 Juillet 2017 Par Thierry Raizer
Job Today a effectué, en mars dernier, une levée de fonds de 35 millions de dollars auprès d’investisseurs en Allemagne, dont la branche allemande du groupe RTL.
Job Today a effectué, en mars dernier, une levée de fonds de 35 millions de dollars auprès d’investisseurs en Allemagne, dont la branche allemande du groupe RTL. (Photo: Christophe Olinger)

La start-up dédiée au travail intérimaire se lance sur le marché allemand, après l’Espagne et le Royaume-Uni. Un déménagement vers la route d’Arlon marque une nouvelle phase dans le développement rapide de la start-up née en 2014.

Job Today deviendra-t-elle une «licorne», une des start-up dont la valorisation atteint ou dépasse le milliard de dollars? Le cap ne semble pas faire peur à sa cofondatrice et COO Polina Frolova-Montano. «The sky is the limit», répond la jeune femme au sujet des prochains développements de la start-up luxembourgeoise, qui figure parmi les pépites nées au Grand-Duché et qui prennent le chemin des success-stories à l’étranger.

Plutôt discrète sur le sol luxembourgeois, Job Today a été créée fin 2014 avec Eugène Mizin et l’appui financier et le soutien de Mangrove Capital Partners (où M. Mizin travaillait préalablement). Entre deux cartons de préparation de son déménagement, la start-up s’apprête à se lancer sur un troisième marché: l’Allemagne. Promettant aux personnes à la recherche d’un emploi «un job dans les 24 heures» grâce à la mise en relation via son app, Job Today semble avoir trouvé son marché en Espagne, où elle est arrivée en mai 2015. En quelque sorte agence d’intérim 2.0, la jeune société vise les marchés de l’horeca et le secteur hospitalier, qui ont besoin d’une main-d’œuvre rapidement pour des tâches de base. «L’Espagne est un marché d’employeurs qui peuvent choisir parmi un nombre important de candidats. C’est l’inverse au Royaume-Uni», constate Polina Frolova-Montano. Job Today est arrivée sur le marché de Sa Majesté il y a un an, ce qui a fait grimper le nombre de candidatures traitées depuis son lancement à 50 millions.

Au développement sur le digital sont venues s’ajouter une promotion dans le métro londonien et une opération avec la chaîne de télévision Channel 4 pour capter un marché de l’emploi anglais qui fonctionne encore, comme dans beaucoup d’autres également, autour des médias dits traditionnels. «Nous ‘disruptons’ un marché du recrutement des cols bleus estimé à 270 milliards de dollars, qui se concentre encore offline et où les candidats n’ont pas la possibilité de répondre suffisamment vite», ajoute Polina Frolova-Montano.

La prochaine étape de cet agenda international doit se dérouler en Allemagne, dans la foulée d’une nouvelle levée de fonds importante: 65 millions de dollars rassemblés en mars dernier par différents investisseurs, dont la branche allemande de RTL Group et le fonds private equity German Media Pool. Un apport financier qui suivait un autre, de 20 millions de dollars, bouclé fin 2016, cette fois à destination du marché américain. «Trouver un emploi est une nécessité vitale pour des millions de jeunes, et la population européenne dans son ensemble», relève Polina Frolova-Montano. «Nous croyons en l’apport de la technologie pour résoudre ce problème humain.»

Signe d’une autre phase d’expansion en perspective, l’autorisation de dépôt de la marque Job Today aux États-Unis a été réceptionnée par la direction de la start-up, qui vise ce marché pour 2018. Son équipe comporte une cinquantaine de personnes qui sont désormais toutes centralisées à Luxembourg, hormis les commerciaux sur le terrain. Un renforcement au niveau du développement technique a été opéré avec le recrutement du profil international qu’est Aaron McKee, au poste de chief technology officer (CTO). «Nous avons quelqu’un avec nous qui est plus un partner qu’un employé», note Polina Frolova-Montano.

Outre la conquête de nouveaux marchés, Job Today va entrer dans une phase de monétisation de son offre de services, après deux années qui ont permis de gagner en expérience et de constituer de la liquidité autour de l’application. «Nous ne savons pas encore quand nous serons prêts exactement pour le marché américain, mais nous voulons être certains d’être prêts lorsque nous l’attaquerons», ajoute Polina Frolova-Montano, qui préparait au moment de cette interview un important et symbolique moment pour une start-up: la sortie de l’incubateur.

Exit le Lux Future Lab, bonjour la route d’Arlon et de nouveaux locaux trouvés non sans difficulté dans un marché immobilier pas toujours aisé pour de jeunes structures. Entre formalités pour faire venir des collaborateurs non Européens et défis logistiques, le développement d’une start-up, comme toute entreprise, passe aussi par des considérations qui ne sont pas toujours directement liées à son cœur de métier.