Gestion des emballages

Plus de déchets (recyclés)

12 Février 2018 Par Jonas Mercier
Valorlux
Valorlux a recyclé en 2016 plus de 71% des emballages produits  (Photo: Valorlux)

Entre opérations de collecte et campagnes de promotion, Valorlux doit redoubler de créativité pour améliorer le recyclage des emballages.

Deux centimes de plus et un message: «Please, forget me.» Les sacs plastique légers, que l’on peut acheter à la caisse des supermarchés, sont désormais un peu plus chers. Et à partir du 31 décembre 2025, leur consommation annuelle ne devra pas dépasser les 40 par personne. Un objectif sous forme de défi pour le Luxembourg, où chaque habitant utilisait en moyenne 140 poches de ce type en 2017. Valorlux, qui représente 90% des responsables d’emballages du Grand-Duché – 10% reste donc à convaincre –, fut pourtant une des premières associations de ce type à proposer en 2004 la vente de sacs réutilisables. La centralisation et la gestion unique de cette opération, baptisée «éco-sac», étaient d’ailleurs désignées en 2012 par la Commission européenne comme un exemple de bonne pratique dans le domaine de la prévention des déchets.

Une App et un concours

C’est en 1995, à la suite d’une directive européenne sur le traitement des emballages, qu’une vingtaine d’entreprises créent Valorlux. L’asbl, qui regroupe aujourd’hui 1.021 membres, se voit confier les missions de collecte et de recyclage.

La Commission européenne a fixé aux États membres l’objectif de recycler pour 2008 un minimum de 55% en poids des matériaux contenus dans les déchets d’emballage. Le Luxembourg y est parvenu en grande partie grâce à Valorlux, qui lance en 1997 ses fameux sacs bleus dans lesquels sont collectés les plastiques durs, métaux et cartons à boissons.

Mais avec une population en augmentation constante, la quantité de déchets collectés grandit chaque année – rapporté à son nombre d’habitants, le Luxembourg est l’un des plus gros producteurs de déchets de l’Union européenne. «On ne peut pas obliger les gens à faire le tri, les campagnes de communication et de sensibilisation sont donc nos seuls leviers pour améliorer le taux de recyclage actuel», explique le directeur de Valorlux, Claude Turping. Sur ce chapitre, l’asbl tente donc d’innover. En 2015, elle a lancé son app, alors que depuis 2011 elle organise un concours de dessin pour les élèves des écoles fondamentales. «Les enfants restent une cible privilégiée (…) pour que le tri devienne un automatisme chez les plus jeunes», est-il d’ailleurs indiqué dans le dernier rapport annuel de l’association.

Des circuits courts

Une fois triés, les emballages collectés par Valorlux sont vendus dans des usines de recyclage hors des frontières. Il n’en existe en effet aucune au Luxembourg. En 2016, 6.500 tonnes de plastique, métaux et cartons à boissons collectés dans les sacs bleus ont ainsi quitté le pays. Le prix de ces déchets varie selon des cours internationaux. «Entre 200 et 300 euros la tonne pour le plastique PET, affirme Claude Turping. Mais leur vente ne couvre qu’un cinquième du coût de nos actions. Le reste est complété par les cotisations de nos membres, qui varient selon la quantité d’emballages mise sur le marché. Nous ne touchons aucune subvention.»

Pour réduire les coûts, l’association veille à envoyer ses déchets dans les centres de recyclage les plus proches du Luxembourg. Elle cherche également à élargir la collecte. Un projet pilote mené dans une vingtaine de communes ouvre le tri aux sacs et films plastique. Les emballages non recyclables sont quant à eux revalorisés thermiquement pour le chauffage urbain ou l’industrie du ciment. Valorlux recyclait en 2016 plus de 71% des emballages commercialisés par ses membres.