Sports et bienfaisance

Pédaler et souffrir pour la bonne cause

22 Décembre 2014 Par Jean-Michel Gaudron
Au-delà de l’aspect sportif, l’épreuve a aussi permis de mettre en avant des valeurs humaines.
Au-delà de l’aspect sportif, l’épreuve a aussi permis de mettre en avant des valeurs humaines.  (Photo: Regina Stanger / crocodile-trophy.com)

Habitués des bureaux et du business au Luxembourg, Vincent Gouverneur et Pierre Castagne ont souffert en participant, cet automne, au Crocodile Trophy en Australie, une des plus dures épreuves de VTT du monde. Témoignages.

800 kilomètres à parcourir en neuf jours, 17.000 mètres de dénivelé positif au cœur de paysages sauvages australiens: le Crocodile Trophy est réputé pour être une des courses de VTT (ouverte aux pros et aux amateurs) parmi les plus difficiles au monde. Cela n’a pas refroidi, bien au contraire, trois businessmen de la région, habitués des efforts physiques intenses, qui y ont participé à titre personnel fin octobre-début novembre.

Vincent Gouverneur (associé chez Deloitte), Pierre Castagne (managing director du département Financial Services chez Luxoft) et Vincent Maillen (chef d'entreprise de l’entreprise belge Maillen Constructions) ont non seulement réalisé l’exploit sportif, mais ils l’ont fait pour une bonne cause, puisque leur engagement - à titre individuel - et la mise en œuvre de leur réseau a permis de récolter près de 50.000 euros reversés à Médecins du Monde. Un chèque remis la semaine dernière en présence de Jean Bottu (président), Géry Meyers (vice-président), Sylvie Martin (chargée de direction) et André Hesse (administrateur) de Médecins du Monde, ce dernier (également directeur de l'agence de communication Vous) ayant aussi été un de ceux à l'origine du projet.  

La remise du chèque à Médecins du Monde
(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Aventure sportive et humaine

«Cela fait une dizaine d’années que Pierre Castagne et moi faisons du vélo dans la région», explique Vincent Gouverneur. «Il y a trois ans, nous avons eu l’idée de commencer des compétitions en mountain bike et nous nous sommes promis de participer aux 10 épreuves les plus difficiles au monde.»

Il y a deux ans, ils se sont donc fait les mollets sur la Ruta de los Conquistadores (3 jours de course au Costa Rica, pour rallier l’océan Pacifique à l’Atlantique, avec quelque 60.000 euros de collecte pour SOS Villages d'Enfants Monde), avant de choisir de mettre le cap sur l’Australie cette année.

«Mon objectif premier était d’arriver», explique M. Gouverneur, qui a bouclé l’épreuve en un peu plus de 42 heures. «Même si je suis dans les profondeurs du classement, et même si j’ai souffert, car je n’ai pas forcément pu m’entraîner autant que je l’aurais souhaité, j’y suis parvenu. Clairement, à chaque kilomètre parcouru, je pensais aussi à la cause pour laquelle nous nous étions engagés. Ce fut un vrai moteur.»

Pierre Castagne, lui, a pu faire d’une pierre deux coups, puisque sa fille commence à Brisbane une année d’études, ce qui lui a permis d’enchaîner l’épreuve avec une semaine supplémentaire en famille. Au-delà de la performance sportive (il a mis un peu plus de 34 heures), il retient surtout la formidable aventure humaine vécue par les trois amis. «Entre nous, il n’y a pas eu la moindre tension. Bien au contraire! Quand il y en a un qui nettoyait les vélos, c’est un autre qui montait les tentes. Nous avons parfaitement géré tous ces instants de promiscuité, y compris les rares moments de repos et de liberté que nous avions.»

L’école de la vie

Habitué à participer à des épreuves où la tête prend souvent le relais du corps (comme ces raids d’orientation où il a déjà effectué des efforts de plus de 120 heures sans vraiment dormir), M. Castagne est persuadé que «l’école du sport, c’est l’école de la vie. On se comporte toujours sur un terrain de sport comme dans la vie et les gens qui sont forts à l’entraînement, ça se retrouve dans leur vie professionnelle.»

Vincent Gouverneur n’aborde pas autrement cette dualité: «Le corps humain est capable de tant de choses… et c’est vrai que cette mentalité m’aide à pouvoir me surpasser au quotidien.»

Même s’il leur a fallu quelques jours (et parfois même plus…) pour se remettre d’un tel effort, les pensées sont déjà tournées vers la troisième épreuve de leurs «10 travaux» personnels. Pour l’heure, c’est la Transportugal Race qui tient la corde : une épreuve sur 8 jours qui traverse le Portugal du nord au sud.