Fintech

Paypal plus ambitieux que jamais

10 Avril 2018 Par Jonas Mercier
Dan Schulman, CEO de PayPal
«De simple bouton de paiement sur les sites d’e-commerce, Paypal est devenu dans l’univers du commerce digital l’équivalent d’un système d’exploitation pour le mobile», explique Dan Schulman, le CEO de Paypal. (Photo: World Economic Forum)

Près de trois ans après avoir quitté Ebay, son ancienne maison mère, l’entreprise américaine, dont le siège européen est au Luxembourg, affiche une croissance record. Dans une interview parue dans les Échos, son CEO, Dan Schulman, entend maintenant s’attaquer aux paiements en magasin.

On l’oublie souvent, mais Paypal fut en 1998, lors de sa création, l’une des toutes premières fintech. Si aujourd’hui le géant américain des paiements en ligne semble plus discret, ceci ne veut pas dire qu’il ne continue pas d’innover.

Dans une interview aux Échos parue mardi, Dan Schulman, son CEO, rappelle que depuis sa séparation avec Ebay, son ancienne maison mère, Paypal n’est plus du tout la même entreprise. «De simple bouton de paiement sur les sites d’e-commerce, Paypal est devenu dans l’univers du commerce digital l’équivalent d’un système d’exploitation pour le mobile.»

Nous avons gagné 70 millions de clients en trois ans.

Dan Schulman, CEO de Paypal

La palette de services développée par la fintech a connu une importante évolution, notamment en multipliant les partenariats avec les banques et en facilitant l’intégration de ses solutions de paiement sur les sites des commerçants. «Nous avons gagné 70 millions de clients en trois ans et accru de 20% le taux d’utilisation moyen de Paypal», ajoute Dan Schulman.

Et la fintech ne compte pas s’arrêter là. Les prochains mois verront le lancement de nouveaux services «liés à l’utilisation de son argent au quotidien», promet le dirigeant, qui souhaite ainsi toucher les personnes qui n’ont pas accès aux services financiers.

S’attaquer aux paiements physiques

Mais les transactions en magasin représentent le principal défi que s’est lancé l’entreprise. Celles-ci continuent de représenter une très large part des paiements (90%, selon Les Échos). «Nous ne sommes plus très loin de gagner le monde du commerce physique», assure Dan Schulman. «Nous allons déployer d’ici à la fin de l’année notre propre application de paiement mobile.»

Et Paypal dit avoir les moyens de ses ambitions. Elle affiche en effet une capitalisation de 90,5 milliards de dollars et promet que le bilan de l’entreprise de cette fin d’année affichera «près de 15 milliards de dollars mobilisables pour d’éventuelles acquisitions.»