Mobilité

Pas de trains en plus pour les frontaliers belges

25 Octobre 2018 Par Nicolas Léonard
Trains insuffisants, en retard ou supprimés, parkings exigus, manque de clarté dans la communication... les doléances des frontaliers n’auront pas suffi. (Photo: Étienne Delorme / archives)

Cela fait des semaines que les frontaliers belges qui rejoignent Luxembourg en train se plaignent de lourds retards ou de suppressions pures et simples. Leur demande: disposer de trains supplémentaires. Il n’en est pas question pour la SNCB.

Le mécontentement des très nombreux travailleurs frontaliers belges qui rejoignent Luxembourg en train a été relayé par les députés fédéraux Benoît Piedboeuf (MR) et Anne-Catherine Goffinet (CDH). Trains insuffisants, en retard ou supprimés, parkings exigus, manque de clarté dans la communication... Toutes ces doléances ont été soumises au ministre de la Mobilité, le libéral François Bellot (MR). Qui vient de revenir avec les réponses qui lui ont été fournies par la SNCB, sur laquelle il a la tutelle.

Plus de trains: injustifié

C’est clair et net, il n’y aura pas de trains en plus pour les frontaliers. «La SNCB m’informe que la fréquence et le taux d’occupation actuels des trains entre Arlon et Luxembourg ne justifient pas la mise en service de trains supplémentaires», a indiqué le ministre. «L’offre de la SNCB entre Arlon et Luxembourg est déjà conséquente, surtout en heure de pointe. En effet, en semaine, entre 6h et 9h, 12 trains partent d’Arlon vers le Luxembourg.» Et la modernisation de la ligne 162 Arlon-Bruxelles n’y changera rien. La SNCB, tout simplement, «n’envisage pas, à court terme, d’augmenter l’offre entre Arlon et Luxembourg».

M7: pas avant 2022!

La SNCB estime que les suppressions répétées des trains ont deux origines. D’une part les travaux entre Lavaux et Habay, dont l’impact a été fortement réduit depuis le 19 octobre et la réduction de la mise à une seule voie. D’autre part, le fait qu’une partie du matériel belge n’est pas adapté au nouveau voltage luxembourgeois.

Le matériel des CFL semble présenter quelques problèmes de fiabilité.

La SNCB au ministre François Bellot

La SNCB doit donc faire rouler vers Luxembourg des locomotives T13, qui ne sont pas assez nombreuses pour assurer un service complet. Des améliorations sont prévues, notamment via l’homologation de matériel début 2019. Et tout sera en ordre quand les voitures M7 seront sur les rails. La patience est de rigueur cependant. «La SNCB m’informe qu’elles seront mises en circulation au plus tôt en 2022», commente en effet François Bellot.

Cette amélioration de la ponctualité est aussi due au fait que des conducteurs belges conduisent depuis peu du matériel Dosto des CFL. Mais, a expliqué la SNCB au ministre, «d’une part, ce matériel semble présenter quelques problèmes de fiabilité, et d’autre part, les conducteurs SNCB manquent d’expérience – surtout au niveau du dépannage – sur ce matériel.» À tel point qu’il est envisagé de créer une «hotline» pour que les conducteurs belges puissent appeler leurs collègues luxembourgeois en cas de problème. On imagine mal une telle collaboration entre Brussels Airlines et Luxair. En ce qui concerne le chemin de fer, pas de problème.

Parkings et manque de communication

Les deux députés ont encore soulevé le problème du parking. À Arlon, celui de la SNCB est plein. «C’est pourquoi un accord est intervenu entre la SNCB et les autorités de la ville et de la province pour l’utilisation régulée du parking de la Maison de la culture, située à quelques centaines de mètres de la gare, par les navetteurs SNCB», a expliqué François Bellot.

Le projet de parking P+R est, lui, pour le moment en stand-by. Mais la situation devrait évoluer. Deux groupes de travail doivent en effet dresser un état des lieux et analyser les questions à résoudre quant à ce projet. Deux réunions ont eu lieu en février et en juin. Une dernière est prévue le 21 novembre à Luxembourg. Ce qui pourrait relancer le dossier.

Quant à la communication, qui fait souvent défaut à l’égard des navetteurs, on envisage aussi des améliorations. Le problème est que la SNCB est compétente pour communiquer sur le territoire belge, les CFL sur le territoire grand-ducal. Mais l’info ne passe pas de l’un à l’autre. «La SNCB admet que l’info donnée sur les deux routeplanners n’est donc pas toujours cohérente», conclut le ministre. «C’est pourquoi une initiative est prévue à court terme au sein de la SNCB et de manière ciblée auprès du personnel des CFL pour améliorer le flux d’information.»