Paperjam Top 100, le fruit du travail du jury
Le 7e Paperjam Top 100 sera dévoilé ce mercredi à la Rockhal, avec en point d’orgue la désignation du grand lauréat 2018. Avant de connaître son nom, retour sur le travail intense du jury mené en toute indépendance depuis l’été.
Mi-novembre, les six membres du jury ont bouclé leur travail. Le classement du 7e Paperjam Top 100 était finalisé. Ce classement des décideurs économiques les plus influents du Luxembourg - créé en 2006 à l’initiative de Carlo Schneider – sera dévoilé ce soir à la Rockhal, durant une soirée réunissant plus de 1.000 personnes.
Pour la première fois cette année, présentons ceux qui ont œuvré dans la confidentialité et sur base d’une méthodologie éprouvée: les jurés. Choisi par Maison Moderne (société éditrice de Paperjam), le jury est renouvelé tous les deux ans, pour chaque édition du Paperjam Top 100.
Que retiennent ceux qui ont œuvré pour aboutir au millésime 2018 de cette expérience? «J’ai été très surprise du travail que cela représente», déclare Karin Schintgen, CEO de la House of Startups. «La préparation des sessions et les discussions étaient beaucoup plus approfondies que je ne l’avais estimé.»
1.000 noms et plusieurs critères
Les jurés ont tout d’abord considéré 1.000 noms compilés par l’équipe de Paperjam. Les lecteurs ont aussi été appelés à contribuer. Et les propres sources du jury ont complété la base de travail. Pour parvenir à une liste de 200, puis 100 et enfin classer les décideurs retenus dans le carré final, différents critères ont été pris en compte, comme lors des dernières éditions.
Outre des critères professionnels (l’importance de et dans l’entreprise, la carrière, la dimension nationale ou internationale du décideur), des notions extra-professionnelles (influence dans des réseaux, des lobbies professionnels), la situation personnelle (réseau privé, contexte familial, distinction) ou encore la capacité à être prescripteur d’opinion, voire visionnaire, ont également participé à la sélection.
«Le plus difficile est de choisir parmi le grand choix de talents, de personnalités exceptionnelles au Luxembourg», note Daniel Schneider, associé de Tenzing Partners. Il avait déjà participé au jury pour l’édition 2008 du Paperjam Top 100. «Qui retenir, pourquoi celui-là et pas un autre, comment faire en sorte que tous les secteurs de l’économie soient représentés en fonction de leur importance sont des questions au cœur de la réflexion.»
Un groupe soudé
Des discussions qui se sont déroulées en toute franchise. L’alchimie s’est opérée au fil de réunions plénières menées avec le support de Mike Koedinger (fondateur et président de Maison Moderne) et Thierry Raizer (rédacteur en chef de Paperjam).
Le Luxembourg boxe hors catégorie dans le nombre de dirigeants de qualité.
Hugues Delcourt, membre du jury du Paperjam Top 100 2018
«Les discussions étaient spontanées et tout le monde, à un moment donné, a reconsidéré son point de vue en fonction des idées des autres», se souvient Hugues Delcourt, CEO de la Bil. «Je trouve formidable que ce travail nous ait conduits à effectuer une sélection parmi un nombre important de décideurs influents et de grande qualité. Le Luxembourg boxe hors catégorie dans le nombre de dirigeants de qualité qu’il compte par rapport à sa taille. J’observe d’ailleurs que beaucoup ont la volonté de contribuer au Luxembourg dans son ensemble, conscients que l’avenir du pays s’écrit en commun.»
De sessions plénières à travail individuel, le choix pouvait s’avérer cornélien au vu de la croissance économique du pays et de l’élargissement du vivier potentiel. «De nos jours, il y a beaucoup plus de candidats disponibles, et surtout beaucoup plus d’informations à trouver sur les candidats, ce qui en soit ne rend pas l’exercice plus facile», ajoute Daniel Schneider.

Karin Schintgen, Laurent Loschetter et Anouk Agnes, les trois autres membres du jury.
Un résultat propre à chaque jury
Si le classement se base sur une méthodologie éprouvée, chaque édition dépend de la sensibilité des jurés et de la photographie des décideurs influents qu’ils livrent.
«Nous avons réussi dans une certaine mesure à casser certains codes», note Laurent Loschetter, fondateur de DSL et cofondateur de la salle de concert den Atelier. «C’était un bon mélange d’opinions entre personnes disposant d’un véritable bagage. La notion d’influence a été discutée longuement, elle est au cœur du classement. Une notion varie selon les décideurs qui peuvent tantôt diriger une grande entreprise, tantôt être plus discrets et pourtant tout autant influents.»
Après avoir été désigné décideur économique le plus influent en 2016, Marc Giorgetti a participé cette fois au jury, selon la tradition établie, à la discrétion du lauréat concerné. Les précédents lauréats peuvent aussi devenir présidents du jury suivant, mais Marc Giorgetti a proposé, dès la première réunion, de mener l’exercice sur un mode collectif. «Tour s’est bien passé, nous avons veillé à ne pas nous limiter aux décideurs ‘évidents’ et assurer un certain renouvellement», indique-t-il.
Il y a des jeunes qui prennent la relève en termes d’influenceurs, le Luxembourg a la possibilité de se renouveler.
Daniel Schneider, membre du jury du Paperjam Top 100 2018
Un exercice enrichissant aussi pour les membres du jury, qui ont pu découvrir des décideurs issus de secteurs plus éloignés de leur activité principale.
«Cet exercice m’a ouvert l’esprit», déclare Anouk Agnes, directrice générale adjointe de l’Alfi. «Quand nous voyageons à l’étranger pour faire la promotion de la place financière, nous rencontrons des interlocuteurs qui ne connaissent le pays que par sa Place. Au sortir du travail de juré, je suis contente de voir que d’autres domaines d’activité comptent des décideurs importants qui se battent pour l’industrie, le commerce ou l’artisanat par exemple. Ce sont beaucoup d’autres domaines qui sont créateurs d’emplois et dont l’importance dans le tissu économique doit être soulignée.»
«Ce qui me rassure vraiment, c’est qu’il y a des jeunes qui prennent la relève en termes d’influenceurs, que le Luxembourg a la possibilité de se renouveler et que c’est un pays ouvert avec des décideurs qui viennent de tous horizons géographiques», ajoute Daniel Schneider.
Des ingrédients propices à un classement 2018 intéressant. Plus que quelques heures avant de découvrir les résultats de ce travail de fond.
Qui sont les membres du jury?
Marc Giorgetti – Il dirige l’entreprise familiale Félix Giorgetti active au Luxembourg, en Grande Région, mais aussi en Italie et jusqu’à Dubaï. Membre du conseil d’administration de Quilvest et BIP Investment Partners, il est le lauréat 2016 du Paperjam Top 100 des décideurs économiques les plus influents au Luxembourg.
Anouk Agnes – Directrice générale adjointe de l’Alfi, qu’elle a rejoint en 2012. Anouk Agnes travaillait précédemment comme conseillère au ministère des Finances, principalement responsable de la politique du gouvernement en faveur du développement du secteur financier.
Hugues Delcourt – Il préside le comité de direction et est CEO de la Bil depuis octobre 2014. Il est doté d’une carrière internationale de près de 30 ans dans le secteur bancaire à l’international chez ABN Amro, UBS et Crédit Agricole Indosuez.
Karin Schintgen – Initiatrice de l’incubateur de la BGL BNP Paribas – le Lux Future Lab – où elle a fait une partie de sa carrière, Karin Schintgen a monté le projet de la House of Startups, dont elle est la directrice. Elle a travaillé auprès de Citibank à New York, chez RTL et en tant que diplomate au ministère des Affaires étrangères.
Daniel Schneider – Il a fait ses premières armes dans le secteur financier (Société Générale à Londres et New York, CIBC à Londres) avant de se mettre à son propre compte et de fonder plusieurs sociétés. Daniel Schneider est actuellement associé de Tenzing Partners. Il est aussi membre du conseil d’administration de Maison Moderne, ainsi que dans d’autres sociétés. Consul honoraire Israël.
Laurent Loschetter – Cet entrepreneur précoce a fondé sa première société (DSL) il y a 32 ans. Il avait 18 ans. Laurent Loschetter a aussi cofondé en 1995 la salle de concert den Atelier et est à l’origine d’événements musicaux, dont le Rock-A-Field. Depuis septembre 2017, il préside le conseil d’administration de radio 100,7 et est membre du conseil d’administration du Mudam depuis janvier 2016.

