Regards Croisés

«Ouvert, très courtois et très professionnel»

10 Avril 2018 Par François Aulner
François Prum
Maître François Prum: «Félix Braz est resté fidèle à lui-même et à son image. Simple, professionnel, décisif. En tout cas, il a fait ses preuves.» (Photo: Maison moderne / archives)

Pour accompagner l’entretien avec le ministre de la Justice, Félix Braz, Paperjam a récolté les impressions qu’il laisse à différents observateurs. Ici, le bâtonnier, maître François Prum.

Monsieur Prum, comment décririez-vous le personnage ‘Félix Braz’?

«Monsieur le ministre Félix Braz me paraît être un homme politique qui sait ce qu’il veut, qui n’y va pas par quatre chemins et qui est extrêmement professionnel dans son approche. En tout cas en ce qui concerne la relation avec le barreau, il connaît ses dossiers.

Comment décririez-vous son style de faire la politique et de diriger son ministère?

«Pour ce qui est de son style de diriger son ministère, je ne pense pas être la meilleure personne pour le juger. Néanmoins, en ce qui concerne les réunions que nous avons eues avec son ministère ou lorsqu’il était accompagné d’autres membres de son administration, c’est quelqu’un qui prend bien évidemment la direction de ces réunions, qui fait l’introduction des sujets, qui sait très souvent dès le début où il veut en venir, mais qui laisse aussi toutes les autres parties s’exprimer très librement. Les réunions avec lui sont toujours très équilibrées.

De ce point de vue là, si son comportement est le même avec les employés de son ministère, il me semble qu’il doit être très agréable de travailler avec lui. Un grand professionnalisme, même à ce niveau, et pas du tout le style de quelqu’un qui voudrait dicter ou s’imposer. Je vois en lui quelqu’un d’ouvert, de très courtois et de très professionnel.

Comment évalueriez-vous son travail en tant que ministre de la Justice?

«Tout d’abord, je tiens à relever que c’était une très bonne décision du gouvernement actuel de mettre le ministère à un niveau qu’il méritait depuis longtemps. En d’autres termes, d’avoir un ministre qui s’occupe à temps plein du portefeuille de la justice.

Le ministre est très sensible à tous les aspects ayant trait à l’indépendance de la justice et il l’a marquée à plusieurs reprises. Par ailleurs, il a donné le bon rythme au dossier du Haut Conseil de la Magistrature, qui traîne depuis un petit moment. Il serait très favorable si au moins une partie de ce projet pouvait être adoptée avant octobre, afin que le Conseil puisse gérer les carrières des magistrats, respectivement tous les aspects disciplinaires des magistrats. Mais franchement, il a fait du bon travail.

Ensuite, il a été très réceptif à une meilleure gestion commune entre le barreau et le ministère en ce qui concerne l’assistance judiciaire. C’est quelqu’un de ‘très à cheval’ pour un libre accès à la justice, que ce soit pour ceux qui peuvent se le permettre ou pour ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir s’offrir un avocat. Dans ce sens-là, il avance très bien.

J’espère que ces deux dossiers pourront être adoptés avant les élections en octobre.

Comment qualifieriez-vous la place ou le poids de Félix Braz et de Déi Gréng au sein du gouvernement?

«Personnellement, je n’ai pas de carte de parti, mais je pourrais me ranger – économiquement parlant - parmi un esprit tout à fait libéral. Félix Braz, en tant que chef de son ministère, pour moi, il n’a pas de carte de parti. Je ne le vois pas comme un membre de Déi Gréng, pas plus d’ailleurs que je n’aurais vu son prédécesseur (François Biltgen, ndlr) comme membre des chrétiens-sociaux.

Objectivement parlant, je pense que c’est un très bon ministre de la Justice et quelqu’un de très sensible. Comme l’aurait sans doute dit mon senior partner dans le temps: c’est quelqu’un dont le cœur bat du bon côté. C’est donc quelqu’un qui a une pensée sociale quand on parle de la justice et nous sommes absolument sur la même longueur d’onde.

Félix Braz a-t-il pu préserver un profil écologiste au cours des quatre dernières années ou a-t-il subi une cure de réalisme?

«Vous me rappelez qu’il est membre du parti écologiste. Je le conçois. Je ne pense pas qu’il ait changé. S’attaquer aux sujets de société comme ce gouvernement l’a fait montre qu’il est un homme à esprit très ouvert. Ce qui colle certainement très bien avec la couleur de son parti.

Je ne peux pas dire qu’il serait devenu quelqu’un de plus blasé. Félix Braz est resté fidèle à lui-même et à son image. Simple, professionnel, décisif. En tout cas, il a fait ses preuves. Sans vouloir anticiper quoi que ce soit, je pense que le barreau serait ravi de pouvoir continuer de travailler avec ce ministre. Ministre qui – il faut insister là-dessus – est assisté d’une équipe au top et très réceptive. Cela fonctionne très bien ainsi.»