6e round de négociations

Nouveau coup d’épée dans l’eau sur le Brexit

10 Novembre 2017 Par Jean-Michel Hennebert
Parmi les éléments avancés par les Européens au cours de ce nouveau round de négociatoions, la volonté de trouver une solution sur la facture que devra régler Londres «d'ici deux semaines». 

Le sixième round de négociations qui s’est achevé vendredi à Bruxelles n’a pas permis d’atteindre «les progrès suffisants» souhaités. Ce qui rend de plus en plus improbable le déclenchement des négociations sur le volet commercial d’ici au prochain Conseil européen.

Mêmes protagonistes, mêmes positions, mêmes conséquences. Vendredi, le sixième round de négociations sur le Brexit entre le gouvernement britannique et la Commission européenne n’a une nouvelle fois pas permis d’aboutir aux avancées nécessaires pour déclencher la seconde phase des négociations. Et ce, du fait que les «progrès suffisants» relatifs aux questions du droit des citoyens européens présents au Royaume-Uni, au règlement de la facture britannique et à la question de la frontière nord-irlandaise n’ont toujours pas été atteints.

Pour Michel Barnier, négociateur en chef de la Commission européenne pour le Brexit, ce nouveau round n’avait d’ailleurs pas vocation à aboutir «à des annonces ou des décisions, car nous nous situons à un moment entre deux conseils européens». Une référence aux conclusions de la dernière réunion des chefs d’État et de gouvernement où un veto partiel avait été émis sur le déclenchement de la seconde phase des négociations. Face à une Theresa May affaiblie politiquement, les 27 avaient accepté de réaliser des travaux préparatoires sur cette question «en interne».

Il est temps pour les deux parties d’avancer pour trouver des solutions.

David Davis, ministre britannique en charge du Brexit

Vitale pour Londres, l’ouverture des discussions sur les contours du futur partenariat économique apparaît comme de plus en plus difficile avant le prochain conseil, fixé aux 14 et 15 décembre prochains. Même si Michel Barnier assure se trouver «dans un état d’esprit volontariste», il réaffirme que les discussions en cours ne doivent pas aboutir à «des concessions» de la part des deux parties, mais «à des engagements réciproques et précis» destinés à «apporter de la sécurité juridique là où le Brexit crée de l’incertitude».

Si David Davis, ministre britannique en charge du Brexit, assure que «des avancées ont été réalisées sur des aspects techniques» et que «des pistes vont être explorées pour parvenir à un accord», la pression du temps qui passe se fait de plus en plus sentir. Rappelant que ces négociations étaient «un sujet important», il a assuré qu’«il est temps pour les deux parties d’avancer pour trouver des solutions», en réaffirmant une fois encore le besoin «de flexibilité et de pragmatisme» de part et d’autre de la table de négociations.

Méfiance de plus en plus grande des patrons britanniques

Ce qui pourrait venir mettre à mal la question nord-irlandaise, tant l’incompatibilité des positions semble irréconciliable. Notamment avec la publication, ce vendredi par The Telegraph, d’un document de la Commission dans lequel la République d’Irlande fait la demande expresse que l’Irlande du Nord demeure dans l’union douanière une fois le 29 mars 2019 passé. Et donc de considérer l’île irlandaise comme un tout du point de vue commercial. Ce que les partisans du maintien de l’Ulster au sein du Royaume-Uni considèrent comme un premier pas vers une réunification de l’île.

«Nous respectons le désir de l’Union européenne de respecter l’ordre et l’intégrité du marché unique, mais cela ne peut venir impacter l’intégrité économique et constitutionnelle du Royaume-Uni», a affirmé vendredi David Davis. Les discussions à venir au cours des prochaines semaines s’annoncent donc des plus ardues, au moment même où les dirigeants d’entreprises britanniques ne cachent plus leur méfiance face aux perspectives économiques de plus en plus floues. Selon un sondage de la Confederation of British Industry (CBI), 10% des entreprises ont d’ores et déjà commencé à déployer leur plan stratégique élaboré en cas d’absence d’accord entre Bruxelles et Londres. Ce chiffre pourrait atteindre 60% d’ici mars prochain, toujours selon les données de la CBI, si aucune avancée concrète n’est enregistrée.