Emploi sur la Place

Nordea et le concept «Robin des Bois»

06 Juin 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Nordea
La prochaine et dernière réunion de conciliation entre partenaires sociaux est programmée pour le mardi 12 juin, date de fin de la procédure légale. (Photo: Licence C.C.)

Une semaine après le début de la procédure de conciliation entre direction de la banque suédoise et représentants du personnel, le blocage reste de mise. Au cœur du conflit, des conceptions différentes, la banque souhaitant «prendre aux salariés riches pour donner aux pauvres».

La bataille autour de l’avenir des quelque 150 salariés de Nordea Bank qui ne seront pas repris par UBS se poursuit. Mardi, lors de la nouvelle réunion de conciliation entre partenaires sociaux, les positions restaient figées. «Bien que nous ayons formulé quatre propositions qui nous semblent aller dans une situation de ‘win-win’, toutes ont été rejetées par la direction sans justification», regrette mardi Safouane Jaouid, négociateur de l’Aleba.

À en croire le syndicaliste, le blocage constaté «ne serait pas lié au budget, comme l’a expressément indiqué la banque», mais reposerait sur la volonté d’appliquer «un concept Robin des Bois». En clair, la volonté pour la direction de «prendre aux salariés les plus riches pour donner aux plus pauvres», selon la définition présentée par l’avocat de Nordea et rapportée par une source interne de la banque, en référence au plafonnement voulu par la direction des indemnités extralégales.

Des casquettes contre les «caps»

Une conception à laquelle s’opposent fermement les représentants du personnel, qui y voient «une manière de tirer profit au maximum des salariés – dont beaucoup ont une ancienneté importante – en leur disant qu’à partir d’un certain seuil, ils ne pourront prétendre qu’à des miettes».

Si aucune confirmation des chiffres avancés par la direction et publiés la semaine dernière n’a été donnée, l’Aleba réaffirme la mise en place «d’actions dans les prochains jours». «Cela se traduira notamment par le port de casquettes de baseball (en référence au plafonnement voulu par la direction, appelé ‘cap’ dans les négociations, ndlr)», explique la source interne de la banque suédoise, qui assure «ne pas seulement défendre des indemnités pécuniaires, mais aussi les valeurs scandinaves et la solidarité qui est due à ces salariés qui ont donné en moyenne une vingtaine d’années à cette banque».

Pour mémoire, la Nordea Bank, première banque nordique et neuvième banque européenne en termes de capitalisation boursière, s’est engagée dans une réduction drastique de ses coûts. En octobre 2017, elle avait annoncé la suppression de 6.000 postes – 4.000 salariés et 2.000 consultants – pour faire face à la hausse de ses coûts. La filiale luxembourgeoise, installée depuis 2009, devrait fermer définitivement ses portes courant 2019.

La prochaine et dernière réunion de conciliation entre partenaires sociaux est programmée pour le mardi 12 juin, date de fin de la procédure légale.