Je ne suis pas réfugié, je suis...

Moudi, étudiant, 1993, Rumilan, Syrie

17 Juillet 2017 Par Paperjam.lu
iamnotarefugee.lu
L’objectif de Moudi? Obtenir un diplôme et, idéalement, lancer son entreprise plus tard. (Photo: Mike Zenari)

Paperjam et Maison Moderne s’associent à l’initiative citoyenne «iamnotarefugee.lu» de Frédérique Buck, Sven Becker et Mike Zenari en présentant des portraits de réfugiés arrivés au Luxembourg et qui ont tant à nous raconter. Voici le récit de Moudi, étudiant de Syrie.

Je suis arrivé au Luxembourg en novembre 2015 après avoir quitté la guerre en Syrie.

Comme tous les demandeurs d’asile, j’ai rejoint une structure d’accueil gouvernementale. J’y tournais en rond, sujet à la déprime. 

Après quelques mois, je me suis rendu compte que le seul moyen d’apprendre les langues du pays et de m’intégrer était de quitter le camp en journée et de rencontrer des résidents le plus possible. C’est donc ce que j’ai fait, notamment via Hariko où j’ai rencontré des jeunes de tous les âges et du monde entier. Ça m’a fait beaucoup de bien. C’est aussi là que j’ai rencontré les quelques personnes qui m’ont tendu la main et qui sont par la suite devenues ma nouvelle famille.

Les demandeurs de protection internationale n’ont que de minces chances de pouvoir travailler. C'est possible au bout de six mois en théorie, mais en pratique, c’est très compliqué. J’ai donc cherché des moyens pour m’occuper intelligemment. J’ai fait du bénévolat et me suis inscrit à l’université comme auditeur libre. C’est ainsi que mon cercle d’amis s’est élargi très considérablement. 

Au fil des mois, la vie dans le camp m’est devenue insupportable. C’est très difficile de vivre avec des inconnus dans une chambre à moyen terme. Je me sentais très seul, isolé. C’est alors que le père d’une amie luxembourgeoise m’a proposé de rejoindre leur domicile. Je n’ai pas hésité. Cette famille a changé ma vie. Tous me soutiennent quotidiennement dans mon intégration, que ce soit en pratiquant les langues avec moi, en m’offrant des opportunités ou, simplement, en étant présents pour moi. Je suis heureux aujourd’hui et je sais que jamais je ne saurai les remercier assez pour tout ce qu’ils font pour me soutenir. Je sais qu’avec eux à mes côtés, j’arriverai à faire mon chemin ici. En tout cas, je suis prêt. 

Aujourd’hui j’étudie le français et le luxembourgeois de manière très intensive. J’espère rejoindre une classe Clija (Classe d’insertion pour jeunes adultes) en septembre. D’ici un an, mon niveau en français sera assez bon pour étudier à l’Université du Luxembourg en tant qu’élève régulier. Mes objectifs? Obtenir un diplôme et, idéalement, lancer mon entreprise plus tard. Je suis entrepreneur dans l’âme. 

Retrouvez l’intégralité du témoignage de Moudi en anglais sur iamnotarefugee.lu.

Entrez en contact avec Moudi via [email protected].

La campagne iamnotarefugee.lu est cofinancée par l’Œuvre nationale de secours Grande-Duchesse Charlotte (appel à projets mateneen).