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Morganite Luxembourg sort de l’ombre pour ses 50 ans

15 Septembre 2017 Par Jonas Mercier
Usine Morganite Luxembourg
«Nous ne pouvons pas dire que nous avons une usine 4.0, mais nous en suivons les principes», explique Yannick Malvaux, le CEO de Morganite Luxembourg. (Photo: Sébastien Goossens)

L’usine luxembourgeoise du groupe britannique spécialisé dans les pièces carbone a fêté vendredi son demi-siècle de présence au Grand-Duché. Peu médiatisée, l’entreprise constitue pourtant une des pages industrielles du pays.

Il y a des histoires qui, malgré le temps qui passe, restent actuelles. Celle que partage Morgan Advanced Materials avec le Luxembourg est l’une d’entre elles. Car il y a 50 ans tout juste, c’est pour toucher plus facilement le marché unique, qui s’appelait alors la CEE, que l’industriel britannique faisait le choix du Grand-Duché.

«À l’époque, il était difficile d’exporter nos produits sur le continent. Or, il fallait que l’on soit réactif pour se développer sur les marchés européens», explique John Herke, responsable pour l’Union européenne de la division Joints et Roulements du groupe, dont Morganite Luxembourg fait partie.

«Aujourd’hui, le Brexit nous cause autant de soucis que les acteurs du secteur financier, car si Londres ne s’accorde pas avec Bruxelles, les importations et les exportations avec le continent se compliqueront», ajoute-t-il.

12 millions de chiffre d’affaires en 2016

Morgan Advanced Materials est un groupe mondial spécialisé dans les matériaux carbone. Elle possède plus d’une centaine d’usines dans le monde et produit des pièces pour les industries pétrochimique, aérospatiale et de l’énergie.

La production de panneaux photovoltaïques nécessite par exemple de nombreux éléments carbone. On en retrouve également dans les pompes de plateformes pétrolières ou encore dans les turbines des centrales hydroélectriques, comme dans celle de Vianden.

Cotée à la bourse de Londres, Morgan Advanced Materials a réalisé en 2016 plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires. Au Luxembourg, elle emploie aujourd’hui 70 personnes pour 12 millions d’euros de ventes.

Une usine 4.0 avant l’heure

C’est en 1967 que l’industriel anglais décide de s’installer au Grand-Duché. Un grand pas pour l’entreprise de l’époque, car il s’agit de la première unité de production qu’elle construit hors du Royaume-Uni, en même temps qu’une autre aux États-Unis.

Morgan Advanced Materials s’allie sur place avec la famille Delvaux qui possède les ateliers Gradel, spécialisés dans l’usinage de pièces industrielles – la société existe toujours aujourd’hui. Les deux entités signent un contrat sous forme de joint-venture, qui prévoit à terme la reprise totale des parts par les Britanniques. L’entreprise créée s’appelle Morganite.

Depuis, seulement trois directeurs se sont succédé sur le site. Le dernier d’entre eux, Yannick Malvaux, a pris les commandes en 2012, et c’est lui qui a accueilli le Grand-Duc hériter ce vendredi.

«Si nous avons su résister, c’est parce que nous nous sommes concentrés sur des marchés de niche», explique-t-il.

C’est notamment le cas dans l’industrie pétrolière où, à défaut de nouveaux investissements dans des plateformes d’exploitation, le besoin en pièces détachées pour la maintenance d’installations existantes nécessite une grande adaptabilité.

Ce ne sont pas les machines qui font ici la différence, mais les hommes.

Yannick Malvaux, CEO de Morganite Luxembourg

«Nous devons être très flexibles pour offrir des produits très spécifiques, très rapidement et en petites séries», ajoute Yannick Malvaux. «La polyvalence de nos employés nous permet cette réactivité, et cela se traduit chez nous par la formation continue.»

Des principes qui rappellent ceux de l’industrie 4.0 et de ses méthodes de production hyper-automatisées, dont l’usine Mercury que Goodyear est en train de construire à Dudelange en est le meilleur exemple au Luxembourg.

«Nous ne pouvons pas dire que nous avons une usine 4.0, mais nous en suivons les principes. Simplement, ce ne sont pas les machines qui font ici la différence, mais les hommes», conclut Yannick Malvaux.