Viva Technology 2018

Macron défend un modèle européen pour les start-up

24 Mai 2018 Par Audrey Somnard
Emmanuel Macron a donné sa feuille de route pour le digital européen jeudi au salon VivaTech de Paris.
Emmanuel Macron a donné sa feuille de route pour le digital européen jeudi au salon VivaTech de Paris.  (Photo: Vivatech)

Le président français a fait une allocution de près de 40 minutes jeudi à VivaTech. Il souhaite que la France détienne un rôle majeur dans le monde des start-up, en mêlant innovation et protection sociale.

Emmanuel Macron veut mettre la France au centre du monde de l’innovation, et il a placé ses jalons jeudi lors d’un discours au salon VivaTech qui doit devenir selon lui un rendez-vous incontournable du secteur.

Le président français a appliqué sa politique du «en même temps» pour l’économie digitale. Après avoir fait un bilan des mesures prises en France pour favoriser l’entrepreneuriat et le développement des start-up, il dévoile ses objectifs: «Notre but est de rendre le visage de la France attractif». 2017 a été selon lui l’année de la French tech, avec quelque 2,5 milliards d’euros investis dans le secteur, un chiffre multiplié par trois par rapport aux années précédentes. «Le pays a changé», a-t-il martelé, «nous avons construit un terrain de jeu» pour favoriser le développement du secteur.

Mais il faut dire que le pays part de loin: «La France est un pays de grands groupes, mais jusque là ils étaient défiants à l’égard des start-up et des PME», a estimé Emmanuel Macron, pour qui la France doit devenir le portail de l’Europe pour le secteur digital. Il veut un nouvel environnement favorable au développement de ces entreprises. Mais pousse «en même temps» pour une fiscalité européenne digitale commune à l’intention des gros acteurs du secteur, les Gafa, pour ne pas les nommer.

Un modèle social pour les collaborateurs de la «gig economy»

Il a également encouragé des entreprises de la «gig economy» comme Uber et Deliveroo à créer un nouveau modèle social pour leurs collaborateurs. Que le cadre reste flexible pour les employeurs, mais que les livreurs et chauffeurs aient accès aux soins de santé par exemple. «Nous avons besoin de nouvelles régulations pour un nouveau modèle social avec des régulations communes». Pour Macron, le modèle américain n’est, lui, pas tenable, car les entreprises n’ont pas à rendre de comptes.


À l’inverse, le modèle chinois pourrait être tentant mais il va à l’encontre des valeurs européennes, notamment en matière de droit à la vie privée et des droits humains. «Il faut construire un modèle européen, en réconciliant l’innovation et le bien commun». Si la France se doit d’être leader du secteur, c’est un modèle européen qui devrait se démarquer: innovant, taxé justement et qui protège ses employés.

Le président français a ainsi appelé Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, à travailler sur une gouvernance commune en matière d’intelligence artificielle lors du prochain G7 qui se tiendra au Canada.

Il a également axé son allocution sur le potentiel digital de l’Afrique: «Il doit y avoir une stratégie africaine. C’est pourquoi j’ai lancé en novembre dernier l’initiative ‘Digital Africa’, qui sera une plate-forme destinée à connecter tous les écosystèmes». Emmanuel Macron n’en oublie pas le nerf de la guerre, le financement: «La France prendra sa part du financement des start-up africaines, à travers le travail de l’Agence française du développement», soit une aide à hauteur de 65 millions d’euros, découpée en petits tickets allant de 30 à 50.000 euros, de quoi donner un coup de pouce au démarrage de ces petites structures.


Emmanuel Macron a également répondu à nos confrères des Échos sur les mesures mises en place pour favoriser le développement du secteur digital en France: