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Luxflag passe les frontières

07 Février 2019 Par Jean-Michel Lalieu
Mario Mantrisi
Mario Mantrisi, directeur général de Luxflag, (Photo: Luxflag / Archives)

L’organisme de labellisation financière Luxflag commence à s’exporter à l’étranger. Pour coller à l’image de la Place, il entend donner de plus en plus d’importance à l’international.

En décembre 2018, Luxflag a labellisé un fonds allemand orienté vers l’investissement durable. C’est donc une tendance à l’internationalisation qui se confirme pour l’institution luxem­bour­geoise de labellisation dans la finance. Il s’agit en effet du cinquième fonds à l’étranger à bénéficier de son label finance durable, les premiers étant des fonds français et belges.

Pour Mario Mantrisi, directeur général de Luxflag, c’est une tendance qui se renforcera à l’avenir: «C’est devenu un de nos principaux objectifs.» Une ambition clairement affichée pour l’organisme né en 2006, avec pour vocation initiale de labelliser des fonds... luxembourgeois, dans la microfinance. Depuis, il a déjà élargi le spectre aux fonds visant des objectifs liés à l’environnement, au changement climatique, au développement durable (ESG) et aux obligations vertes.

Nous organisons des panels de présentation sur place, mais nous profitons aussi de certains dépla­cements pour rencontrer des gestionnaires de fonds locaux.

Mario Mantrisi, directeur général de Luxflag

Pourquoi vouloir franchir si rapidement les frontières? L’objec­tif n’est pas, à première vue, de prendre de vitesse les concurrents étrangers. «Luxem­bourg est une Place à vocation internationale, basée sur la distribution transfrontalière des fonds. Luxflag doit correspondre à cette image du pays», estime son directeur général. Pour accélérer le développement hors des frontières, son équipe mène des campagnes de promotion en se greffant notamment aux road­shows organisés par l’Alfi ou Luxem­bourg for Finance. «Nous organisons des panels de présentation sur place, mais nous profitons aussi de certains dépla­cements pour rencontrer des gestionnaires de fonds locaux», explique Mario Mantrisi.

Concrè­tement, Luxflag a actuellement dans le pipeline des contacts pour des labellisations de fonds aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Italie. Et à plus longue éché­ance, en Irlande. Mais l’essentiel du travail devrait se faire par les contacts dans les pays voisins.

Les critères sont exigeants et des experts indépendants analysent chaque dossier.

Mario Mantrisi, directeur général de Luxflag

Le positionnement de la Place luxembourgeoise lui donne aussi des avantages pour approcher des gestionnaires de fonds basés à l’étranger. «De nombreux gestionnaires de fonds basés à l’étranger viennent créer des fonds luxembourgeois. Certains sont en contact avec nous pour les faire labelliser. S’ils veulent accoler un label à un autre fonds, dans un autre pays, ils pourraient faire appel à nous», commente le responsable de Luxflag.

Mais pourquoi Luxflag, et pas un autre organisme, direz-vous? «Premièrement parce que notre label est de haute qualité. Les critères sont exigeants et des experts indépendants analysent chaque dossier», précise M. Mantrisi. Mais il met à nouveau en avant le fait que le label grand-ducal affiche une empreinte plus internationale que ceux des autres pays. «Mais nous devons encore renforcer cet aspect.»