#CelebratingLuxembourg

«Luxembourg cultive l’hospitalité et l’ouverture»

14 Novembre 2017 Par Céline Coubray
L'artiste Marco Godinho
Marco Godinho est un artiste qui vit et travaille entre Luxembourg et le reste du monde. (Photo: Paulo Lobo)

Maison Moderne a choisi de placer l’année 2017 sous le signe de #CelebratingLuxembourg pour mettre en lumière celles et ceux qui contribuent au rayonnement du pays à l’étranger. La série se poursuit avec l’artiste Marco Godinho.

Arrivé au Luxembourg alors qu’il était encore enfant, l’artiste d’origine portugaise Marco Godinho travaille entre Luxembourg et le reste du monde. On a pu voir récemment ses œuvres à la Biennale d’art contemporain de Lyon, et il est actuellement en résidence à la Cité des arts à Paris pour la seconde fois, après des expositions au Mamac de Nice, à Mestre en Italie… Depuis plusieurs années, il mène une réflexion sur la question de l’exil, de la mémoire et de la géographie, soutenue par la pratique de la déambulation, interrogeant sans relâche la notion de voyage dans l’espace-temps, imprégné de sa double culture et nourri par de nombreux textes, littéraires, poétiques et philosophiques.

Monsieur Godinho, votre travail contribue à faire rayonner le Luxembourg à l’international. Quand en avez-vous pris conscience pour la première fois?

«La première fois que j’en ai pris conscience, c’était au cours de l’exposition ‘Expérience Pommery #5: L’Art en Europe’, au Domaine Pommery à Reims, en France, où j’ai été sélectionné avec Su-Mei Tse, ainsi que d’autres artistes de l’Union européenne, pour représenter nos pays respectifs. Mais c’est un sentiment partagé, surtout que j’essaie de poser des questions avec un art qui s’ouvre à de multiples univers, sans forcément se focaliser sur un pays en particulier.  

Comment se positionne l’art luxembourgeois à l’international?

«Il se positionne timidement, il n’y a que quelques exemples très rares d’artistes qui ont osé s’exporter en allant vivre à l’étranger ou en développant des projets en lien avec un contexte international. Il faudrait aussi que les professionnels qui travaillent dans les musées, ou qui ont une expérience de commissariat, se lancent dans des projets d’envergure en créant des liens entre le Luxembourg et d’autres pays. Aussi, il manque une présence drastique des artistes luxembourgeois dans les biennales internationales. Cela s’explique en partie par le fait qu’il n’y a aucun lien entre le Grand-Duché et ces structures. L’occasion pour un artiste de représenter le Luxembourg à la Biennale de Venise, par exemple, n’est pas suffisante. Il faudrait mettre en place d’autres opportunités pour dynamiser une circulation constante. Les opportunités existent, comme les résidences d’artiste à New York (ISCP), Paris (Cité internationale des arts) ou Montréal (Fonderie Darling), mais très souvent, ce sont seulement quelques électrons libres très curieux qui arrivent à exposer et à s’imposer à l’étranger.

Peut-on parler d’un art typiquement luxembourgeois?

«Non, l’art est pour moi apatride, surtout étant un artiste à la double nationalité et vivant en partie à l’étranger. 

Luxembourg est un pays... fiable, dynamique et ouvert. Reconnaissez-vous le Luxembourg dans ces mots-clés retenus par le gouvernement?

«Ce qui donne au pays une dynamique, c’est qu’il doit constamment se positionner par rapport à ses pays voisins, et cela lui octroie un caractère dynamique et ouvert. C’est effectivement une grande qualité. 

Que vous disent vos interlocuteurs à l’étranger sur le Luxembourg?

«Ils ont une image d’un Luxembourg qui cultive l’hospitalité et l’ouverture à l’autre dans un contexte très privilégié. 

Et qu’est-ce que vous leur répondez pour leur donner envie de visiter le Luxembourg?

«Que c’est un pays cosmopolite et riche (humainement), pas seulement du côté des banques. 

À quelle occasion étiez-vous particulièrement fier du Luxembourg?

«Lorsqu’il a accueilli ma famille quand elle a quitté son pays natal. Mais je n’étais pas fier quand, en 2015, les Luxembourgeois ont infligé un ‘non’ massif au droit de vote des étrangers.»