Transport

Luxaviation accueille Masterjet dans son giron

12 Janvier 2015 Par Florence Thibaut
Edward Queffelec, Patrick Hansen, Karol Gueremy et Philip Queffelec. (Photo : Luxaviation)

Après Unijet en janvier 2014, Luxaviation vient de confirmer l’achat de Masterjet, un gros transporteur portugais et opérant des avions à partir de l’aéroport du Bourget à Paris. Grâce à une émission obligataire fructueuse ayant permis de récolter 20 millions d’euros, le groupe luxembourgeois poursuit ainsi sa politique d’expansion soutenue, tant territoriale que sur le plan de ses activités, et ce faisant, confirme sa position de leader européen de l’aviation d’affaires.

Doté d’un siège à Lisbonne, Masterjet est à la tête d’une flotte de huit avions de type Falcon et Learjet, ainsi que d’un Airbus 320. Avec cette acquisition, Luxaviation peut déjà opérer une flotte combinée de 100 avions, passe la barre des 520 collaborateurs et dispose des moyens d’attaquer le marché du transport de chefs d’État. «Sans l’expertise de Masterjet, cela nous aurait pris cinq ans. Avoir uni nos forces est un levier de croissance exceptionnel», précise Patrick Hansen, CEO du groupe depuis un an.

Les 44 employés à Paris et les 13 experts à Lisbonne resteront en poste et la société sera toujours pilotée par ses dirigeants actuels, Edward Queffelec, président de Masterjet, fils du fondateur Philip Queffelec et Karol Gueremy, directeur général. «À chaque acquisition, notre politique est toujours de conserver l’expertise de la société, de préserver son indépendance et de miser sur la continuité. Nous ne souhaitons surtout pas licencier pour réengager ensuite.» Le groupe rassemble désormais six opérateurs locaux: Luxaviation (Luxembourg), Luxaviation Germany (Allemagne), Abelag (Belgique), Unijet (France), LEA (Royaume-Uni) et Masterjet (Portugal), le nouvel arrivant.

Plus de flexibilité pour plus de confort

Pour les passagers réguliers de Luxaviation, l’intérêt de l’opération est de pouvoir bénéficier d’une plus grande flexibilité des services, ainsi que d’une expertise technique et commerciale accrue dans tous les domaines opérationnels. «Plus la flotte est grande, plus ils ont de possibilités de réservation et moins les services seront onéreux. Nos clients auront également accès à une palette d’avions plus étendue.»

Cette nouvelle acquisition s’intègre également dans une volonté de synergies accrues entre les différentes entités du groupe. Des économies d’échelle pourront notamment être consenties dans le domaine de l’achat de carburant, dans la formation ou encore dans les contrats d’assurance. «Nous voulons partager des standards de qualité très élevés, qu’il  s’agisse de sécurité ou de service à bord. Nous travaillons en parallèle à renforcer le management du groupe.»

Projet d’équipe

Travail de longue haleine, l’acquisition s’est, comme toujours, fondée sur une due diligence très poussée. Les volets fiscaux, opérationnels, légaux, financiers, ont été passés au crible. «En juin dernier, nous étions déjà à la recherche d’une société complémentaire pour étoffer nos services. Depuis septembre, tout s’est accéléré. C’est un exercice passionnant, même s’il nous a causé quelques nuits blanches! Tous nos collaborateurs ont fait partie de l’aventure, de près ou de loin. Les contrats ont été approuvés à la fin de l’année passée.»

Pour finaliser la transaction, entamée il y a plusieurs mois, Luxaviation a été épaulée par Saphir Capital Partners, une société de conseil en fusion et acquisition basée au Luxembourg. «Nous avons également recruté plusieurs profils pour renforcer nos équipes en interne. C’est un projet qui s’est avéré très mobilisateur.»

La croissance ne s’arrête pas là

Les prochains mois seront consacrés à tout ce qui relève du procurement, mais aussi à poursuivre l’expansion du groupe. «Nous allons, tout d’abord, œuvrer à intégrer la société dans l’ensemble de nos systèmes. Cette année, nous allons également faire l’acquisition de deux autres sociétés, en Europe et en Asie. Les négociations sont actuellement en cours. La première devrait être finalisée dans les trois prochains mois. Il y a deux ans, nous n’aurions jamais été prêts, c’est une grande source de satisfaction. Luxaviation n’a pas encore fini de croître. Nous avons encore toutes sortes de projets en tête», achève Patrick Hansen.