Négociations du Brexit

Londres une fois encore mis sous pression par Bruxelles

09 Février 2018 Par Jean-Michel Hennebert

Les échanges qui se sont déroulés cette semaine entre négociateurs britanniques et européens n’ont toujours pas permis d’aboutir à des avancées concrètes pour la deuxième phase. Au point que Michel Barnier assure que «la période de transition n’est pas acquise».

Neuf mois après le début officiel des négociations du Brexit, l’incompréhension entre Britanniques et Européens reste la règle. Parvenus difficilement à un compromis fin décembre, les deux camps se retrouvent à nouveau face à des divergences importantes. «Compte tenu de ces désaccords, la transition n’est pas acquise», a ainsi lâché Michel Barnier, négociateur en chef de la Commission, en référence aux deux années au cours desquelles le Royaume-Uni resterait membre de l’Union européenne et que Londres souhaite utiliser pour négocier de nouveaux accords commerciaux avec ses partenaires.

«Le Royaume-Uni a insisté pour trouver sur cette période de transition un accord en mars, mais dans le même temps, nos interlocuteurs nous ont fait part d’un certain nombre de désaccords que je considère comme substantiels», précise l’ancien commissaire européen français, qui assure «avoir des difficultés à comprendre» la position britannique. Trois points restent ainsi au cœur des négociations en cours: le droit des citoyens européens, les règles juridiques en vigueur au cours de la période de transition et la participation à certains dossiers européens.

Si ces désaccords devaient persister, il y aurait un problème.

Michel Barnier, négociateur en chef de la Commission pour le Brexit

Si Londres reconnaît le principe de libre circulation des personnes entre mars 2019 – date officielle de déclenchement du Brexit – et fin 2020, le gouvernement britannique refuse à ce stade d’accorder les mêmes droits aux citoyens arrivés pendant cette période une fois que celle-ci aura expiré, et à ceux arrivés avant le Brexit. Alors que les Européens souhaitent que le Royaume-Uni reste membre de l’UE jusque fin 2020 mais sans possibilité d’intervenir dans les décisions prises, le gouvernement de Theresa May entend pouvoir participer à certains dossiers et aussi pouvoir s’opposer à certaines règles qui seraient votées à 27 au cours de la période.

«Si ces désaccords devaient persister, il y aurait un problème à coup sûr. J’espère qu’on pourra lever ces désaccords dans les prochains rounds», a assuré Michel Barnier.