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L’OGBL-SBA lève le voile sur les négociations en cours

08 Mai 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Véronique Eischen
La publication par Véronique Eischen du détail des points sur la table des négociations met à mal l’unité syndicale, l’Aleba et le LCGB-SESF dénonçant la volonté de «briser le choix collectif de ne pas communiquer sur les négociations en cours». (Photo: Mike Zenari/archives)

Dans une communication publiée lundi après-midi sur son site, le syndicat présente dans le détail les discussions menées entre partenaires sociaux autour de la future convention collective bancaire. Ce que n’apprécient que modérément les deux autres syndicats.

Trois jours après la prise de position de l’ABBL sur le versement de la prime de juin en réponse à la position de l’Aleba, c’est au tour de l’OGBL-SBA de donner de la voix. Dans une communication à ses membres publiée lundi après-midi, le syndicat fait état d’«une série de points sur lesquels les négociations achoppent». À savoir «sur le volet rémunération et classification», le «volet formation» et le «volet temps de travail».

Mais alors que jusqu’à présent les différents syndicats s’étaient contentés d’une communication réduite au strict minimum, l’OGBL-SBA n’hésite pas à entrer dans le détail des discussions en cours. Que ce soit du nouveau système de classification qui comprendrait «seulement quatre groupes au lieu de six» à «l’abolition des garanties d’évolution collectives sur une période de 25 ans qu’apportaient jusqu’à présent les triennales» en passant par «la conversion de la prime d’ancienneté (qui est actuellement mensuelle et élément du salaire) et de la prime de conjoncture en prime unique appelée ‘prime de fidélité’».

Si l’OGBL n’est pas d’accord (...), il devra assumer et refuser de signer l’accord.

Laurent Mertz, secrétaire général de l’Aleba

Justifiée dans son document par la volonté «de ne plus priver [ses membres] d’informations», cette publication de l’OGBL-SBA n’a guère été appréciée par les deux autres syndicats. Pour Laurent Mertz, secrétaire général de l’Aleba, cette communication «très détaillée» correspond non seulement à «un manque de loyauté», mais également à «une position électoraliste de l’OGBL» qui «brise le choix collectif de ne pas communiquer sur les négociations en cours». Même «surprise» du côté du LCGB-SESF où Gabriel Di Letizia, s’il estime que «chacun doit prendre ses responsabilités», juge tout de même «compliqué le futur travail en intersyndical».

Interrogés sur la poursuite du front syndical face à l’ABBL dans le cadre des négociations en cours de la future convention collective bancaire, Aleba et LCGB annoncent «attendre la réunion plénière du 9 mai prochain». Même si Laurent Mertz, particulièrement remonté, estime que «si l’OGBL n’est pas d’accord avec le futur texte, qui sera forcément différent de ce qui a existé par le passé, il devra assumer sa position et refuser de signer l’accord».

Élections sociales prévues en février/mars 2019

Contactée par Paperjam, Véronique Eischen, membre du bureau exécutif de l’OGBL, indique pour sa part «être dans son droit élémentaire de syndicaliste d’informer ses membres qui sont en forte demande d’informations» et réfute «toute mise en danger des négociations» par «une décision que j’ai prise quelques jours après celle de l’Aleba».

Pour mémoire, aux dernières élections sociales, l’Aleba a obtenu 50,8% des voix dans le secteur bancaire, lui octroyant la possibilité de signer seul un futur accord avec l’ABBL. Les prochaines élections sociales, pour leur part, sont prévues en février-mars 2019.