EXPERTISES - THOUGHT LEADERSHIP

L’investissement responsable: de la théorie à la pratique

11 Octobre 2018 Par Fidelity International
 Crédit Photo: Fidelity International

Cinq questions à Sanela Kevric, Directrice Commerciale Fidelity International, Membre associé Luxflag.

Quel est l’engagement de Fidelity International en faveur de l’investissement responsable?

Notre engagement pour l’investissement responsable est bien ancré dans notre manière de concevoir l’investissement. Investir dans des sociétés qui agissent selon des principes de responsabilité permet d’accroître et de pérenniser les performances financières de nos clients. Notre ADN repose sur l’analyse fondamentale des sociétés: avant d’investir, il est important de décortiquer les métriques financières d’une entreprise, de comprendre son activité, son secteur, ses concurrents, sa stratégie – mais il est également primordial de savoir comment cette société est gérée, comment elle traite ses employés, ses fournisseurs, où source-t-elle ses matières premières? Tous ces éléments sont cruciaux et font la différence sur le long terme.
En outre, nous avons une notation d’A+ suivant les PRI1 des Nations Unies. Nous nous engageons activement auprès de plus de 760 sociétés et en 2017, nous avons voté à plus de 3.700 réunions d’actionnaires.

Que cela signifie-t-il concrètement?

Cela signifie que nous mettons en œuvre beaucoup d’énergie pour que les entreprises dans lesquelles nous investissons progressent sur des aspects tels que la gouvernance et les rémunérations, la composition des organes dirigeants, les problématiques sociales et environnementales. Lors de nos réunions avec ces sociétés, et plus particulièrement avec leur management ou leur direction financière, nous nous efforçons de peser sur ces éléments pour favoriser une gouvernance de qualité et des pratiques durables.

Comment intégrez-vous les aspects ESG dans votre processus d’investissement?

Convaincus que l’intégration des critères ESG permet de soutenir la performance des entreprises, les facteurs extrafinanciers sont systématiquement considérés dans le cadre de notre analyse fondamentale. Nous nous basons sur quatre contributeurs principaux: nos analystes, nos spécialistes ESG, nos gérants ainsi que la recherche externe. Nous disposons d’une équipe de 15 analystes spécialisés ESG qui travaillent étroitement avec nos 150 analystes actions et taux afin d’alimenter nos gérants de portefeuille sur une vision à 360 degrés des entreprises en incluant les données extrafinancières. Nous intégrons les analyses et notations E - S - G dans notre plate-forme de recherche globale: chaque analyse est visible en interne sur l’ensemble de nos bureaux. L’autre enjeu pour nous est d’accompagner les entreprises dans lesquelles nos gérants investissent vers davantage d’engagement sur des enjeux à long terme: la gestion de l’eau et le recyclage des déchets, l’innovation environnementale, la cybercriminalité, le développement durable… Cette approche est aussi une matérialisation de notre ADN de gestion active basé sur la recherche.

Les politiques se penchent beaucoup sur la problématique de la qualité de l’air et des émissions de CO2. Quelle est votre approche en termes de gestion du CO2?

Les changements climatiques et l’exposition aux émissions de carbone font l’objet d’un suivi constant de la part de nos spécialistes ESG. Pour un fonds d’investissement ou un portefeuille donné, nous sommes capables de quantifier la quantité de CO2 dégagée. Dans ce domaine, certaines sociétés font preuve d’une transparence totale; d’autres non ou ne peuvent simplement pas produire ces données. La demande des investisseurs, ainsi que la pression des régulateurs, fera progresser l’industrie sur ce volet.

Les changements climatiques sont clairement un enjeu présent. Quels sont, d’après vous, les challenges à venir?

Les challenges à venir sont malheureusement déjà des problèmes d’actualité pour certains. Ainsi, l’accès à l’eau potable est un problème vital pour une partie de la planète.

L’autre problème préoccupant est la gestion des déchets. La croissance démographique mondiale et l’urbanisation, couplées à une consommation frénétique, engendrent une production de déchets qui est de plus en plus difficile à gérer. Selon le récent rapport de la Banque mondiale2, si aucune mesure n’est prise, la quantité mondiale de déchets augmentera de 70% d’ici 2050. La gestion des déchets est un problème autant pour les pays développés que pour les pays émergents, mais ces derniers croient à un rythme plus soutenu alors que les infrastructures ne suivent pas. Le problème des déchets a des répercussions sur l’eau, puis l’environnement et, à terme, sur la santé des populations. C’est pourquoi nous avons décidé de lancer un fonds qui investira dans les thèmes de l’eau et des déchets: en tant qu’investisseur, c’est notre manière de soutenir cette économie et montrer notre engagement.

 

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1 PRI ou «Principes pour l’Investissement Responsable des Nations Unies» 
https://www.unpri.org/signatories/fidelity-international/1201.article

2 «What a Waste 2.0: A Global Snapshot of Solid Waste Management to 2050»