Mipim 2018

L’incontournable rendez-vous de la Croisette

13 Mars 2018 Par Jean-Michel Lalieu
Les grands projets immobiliers se bousculeront à nouveau de mardi à vendredi sur les rivages de Cannes. (Photo: Mipim)

Bâtir sur du sable n’est pas toujours déconseillé. Surtout s’il s’agit de celui de la Croisette, où se discutent chaque mois de mars depuis près de 30 ans les grands projets immobiliers européens. Le Mipim ouvre ses portes à Cannes ce mardi et le Luxembourg y sera de nouveau bien représenté.

Pour le monde immobilier, plus que le retour des hirondelles, c’est l’ouverture du Mipim qui marque la venue du printemps. Le salon cannois de l’immobilier reste un des événements majeurs de l’année et l’occasion de reprendre contact entre professionnels.

Parmi les 3.100 exposants, le Luxembourg sera présent pour la 13e année consécutive avec un pavillon national qui abritera 18 exposants. Parmi ceux-ci, l’agent immobilier Inowai et son managing partner, Vincent Bechet.

«Nous venons à Cannes avec deux grands objectifs, précise-t-il depuis la cité méditerranéenne. Proposer des produits d’investissement à nos clients dans les fonds immobiliers et reprofiler les investisseurs. Vérifier si leur politique d’investissement a changé, s’ils ont mis le Luxembourg sur la carte et prendre connaissance de leurs attentes au niveau du retour sur investissement.»

Le directeur général de JLL Luxembourg, Romain Muller, sera à Cannes dès ce mardi midi, avec dans son agenda une vingtaine de rendez-vous déjà fixés. «Je me concentre sur les contacts internationaux, explique-t-il. Mon objectif est toujours de vendre le marché immobilier luxembourgeois à des investisseurs et développeurs basés à l’étranger.»

Les rendements au Luxembourg sont plus intéressants que dans des villes comme Paris ou Francfort.

Romain Muller, directeur général de JLL Luxembourg

Des professionnels qui, de son point de vue, misent plus aujourd’hui sur le Luxembourg. Parce que les rendements dans les grandes villes traditionnellement plus attirantes comme Paris, Amsterdam, Francfort ou Munich flirtent avec des niveaux très bas. «Ils atteignent parfois à peine 2% alors qu’au Luxembourg, nous pouvons proposer des rendements de 4,25%-4,5% pour des biens qualitatifs.»

Mais convaincre de l’attrait du Luxembourg reste un enjeu pour Romain Muller qui observe que, «même s’il offre des rendements plus intéressants que dans les autres grandes villes, les investisseurs continuent à trouver le pays cher».

Pour Vincent Bechet, la chance du Luxembourg est que, dans le contexte du Brexit, on a beaucoup parlé du Luxembourg. «Et plutôt en termes positifs.»

Parmi les grands sujets de préoccupation de la Croisette en cette semaine dédiée à l’immo, le patron de JLL Luxembourg pense qu’il sera beaucoup question de l’éventuelle hausse des taux d’intérêt et du ralentissement qu’elle pourrait provoquer dans le marché. «Quand les rendements ne dépassent guère 2%, une hausse de 0,25% peut paraître énorme», pointe-t-il.

Il sera beaucoup question à Cannes de la digitalisation de l’immobilier.

Vincent Bechet, managing partner de Inowai

Étant donné les taux de rendement encore possibles au Grand-Duché, il ne voit pas de quoi s’inquiéter d’une baisse de régime, en tout cas au cours des deux prochaines années. «Le nombre d’investisseurs croît chaque année. Aujourd’hui, nous pouvons compter sur des Chinois et d’autres du Moyen-Orient qui n’étaient pas présents il y a quelques années.»

Confirmant à son tour une relative inquiétude par rapport aux taux d’intérêt, le patron d’Inowai pointe aussi le thème de la digitalisation de l’immobilier qui sera l’objet de différentes conférences et séminaires. «La percée est plus lente que dans d’autres secteurs, mais elle est tout aussi inéluctable.»

Notons enfin que lors de la traditionnelle «journée luxembourgeoise», organisée par la Chambre de commerce mercredi 14 mars, les invités seront reçus par Lydie Polfer, bourgmestre de Luxembourg-ville, Étienne Schneider, ministre de l’Économie et Georges Engel, maire de Sanem.

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