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L’immobilier, un bon investissement jusque quand?

01 Février 2018 Par Paperjam.lu
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Julie Honoré, executive director EY Luxembourg, et Julien Licheron, coordinateur de l’Observatoire de l’habitat et chercheur au Liser. (Photos: DR)

C’est la question que Paperjam a posée à Julie Honoré, executive director d’EY Luxembourg, et à Julien Licheron, coordinateur de l’Observatoire de l’habitat et chercheur au Liser, dans le cadre de notre rubrique «Opinions» de l’édition de février de notre magazine. Réponses.

Ne pas négliger les risques

Julie Honoré, executive director EY Luxembourg

L’avis général est que les indicateurs sont au vert quant à l’attractivité du marché de l’immobilier à Luxembourg. Une croissance économique soutenue, une stabilité politique, la pénurie de l’offre par rapport à une demande croissante, l’investissement dans les infrastructures, autant d’éléments qui maintiennent des prix de transaction élevés. Cependant, ces indicateurs restent soumis à un certain nombre de risques qui peuvent impacter négativement le rendement de ce type de placement, comme le risque d’une augmentation des taux d’intérêt ou d’une bulle immobilière. Il est par ailleurs important de bien penser la structuration financière et fiscale de son investissement au moment de l’achat, notamment en termes d’optimisation du coût d’acquisition compte tenu des effets fiscaux directs et latents, des flux locatifs pendant la période d’exploitation de l’immeuble, respectivement le traitement des plus-values lors de la vente de l’objet afin d’optimiser le retour sur investissement.

Un placement peu risqué

Julien Licheron, coordinateur de l’Observatoire de l’habitat et chercheur au Liser

Le marché de l’immobilier est évidemment étroitement dépendant de l’activité économique et de son corollaire, la croissance démographique. Donc il est difficile d’avancer une conclusion définitive sur le marché de l’immobilier pour les cinq ou dix prochaines années. Néanmoins, si l’activité économique reste soutenue, je crois fermement que l’immobilier résidentiel sera encore un bon investissement au Luxembourg. La croissance régulière et forte des prix des logements est d’abord le résultat d’un décalage entre une demande extrêmement forte (alimentée par une croissance démographique de 2,5% par an, soit 14.000 individus et près de 6.000 ménages supplémentaires à loger) et une offre qui peine à dépasser 3.000 logements produits chaque année. Si le gouvernement parvient à augmenter significativement l’offre de logements et à combler l’écart entre offre et demande, cela pourra freiner la hausse des prix, mais le logement restera un placement peu risqué avec un rendement très correct.