Jos Polfliet (Faktion)

«L’IA permet de prendre de meilleures décisions»

12 Février 2019 Par Thierry Labro
Jos Polfliet: «C’est très difficile pour des PME d’ajouter de la valeur à une intelligence artificielle.»
Jos Polfliet: «C’est très difficile pour des PME d’ajouter de la valeur à une intelligence artificielle.» (Photo: DR)

Vice-président de Faktion, mathématicien, expert et speaker internationalement reconnu, Jos Polfliet sera l’invité du CEO Cocktail du Paperjam Club ce mercredi soir. Avec un message: l’intelligence artificielle, ce n’est pas le futur, mais le présent.

IBM (8.290 brevets), Microsoft (5.930) et Toshiba (5.223) sont toujours les entreprises qui déposent le plus de brevets liés à l’intelligence artificielle. Google et Apple ont respectivement racheté 18 et 11 entreprises liées à l’IA en 10 ans. Est-ce un domaine réservé aux géants des tech?

Jos Polfliet. – «C’est plutôt une bonne chose parce que ces sociétés mettent de plus en plus d’algorithmes en open source, ce qui permet à des start-up qui veulent s’attaquer à une problématique de pouvoir développer leur projet. Je suis un fervent défenseur de l’open data. Les gouvernements doivent permettre d’avoir accès aux données qu’ils détiennent. Les enjeux sont multiples!

Mais de fait, cela exclut les petites et moyennes entreprises qui représentent pourtant et souvent la plus grosse partie du tissu économique…

«C’est très difficile pour des PME d’ajouter de la valeur à une intelligence artificielle. Elles seront toujours plus efficaces en s’adressant à des experts autour de projets ciblés, en utilisant les outils qui existent au service d’une amélioration de leurs produits ou de leurs processus de fabrication. Par exemple, si vous êtes une petite société de fabrication de meubles, l’IA pourrait détecter le bon style, la bonne couleur…

C’est un des trois axes de développement de l’intelligence artificielle...

«Oui. Prenez le secteur de l’assurance. Vous pouvez avoir une vingtaine de personnes qui sont là pour vérifier le nom, le prénom, la date de naissance ou les données d’un client. C’est un travail ennuyeux. Au lieu de cela, les machines pourraient très bien s’en occuper et vous pourriez former vos employés à de nouvelles compétences et expertises qui ajoutent de la valeur au lieu d’être des singes qui reproduisent la même action en permanence.

Notre taux de conversion des clients a été multiplié par 20!

Jos Polfliet, vice-président de Faktion

Ou les licencier pour réduire vos coûts… La grande crainte…

«Prenez le cas de la restructuration de Proximus en Belgique. Maintenir les jobs pour maintenir les jobs n’est pas une bonne chose. C’est même une mauvaise décision d’un point de vue de gestion de l’entreprise. Je préfère croire à la possibilité de former des employés pour offrir de la valeur aux clients.

Le deuxième axe est l’optimisation, expliquez-nous.

«Beaucoup de décisions ne sont pas prises de la meilleure manière. Imaginez que vous ayez 2.000 clients dans votre portefeuille. Ce n’est pas évident de savoir quand et quoi leur proposer… L’intelligence artificielle permettrait de poser des données. Quand nous avons déployé un logiciel de ce type, le taux de conversion des clients a été multiplié par 20! Par 20! Et dans la production, c’est la même chose. Pouvoir gérer ses stocks de matières premières de manière optimale, vérifier que la production est optimale, qu’elle répond à de nouvelles aspirations environnementales ou écologiques, tout cela a du sens.

Le RGPD amène la confiance du client qui, du coup, espère de la valeur en retour.

Jos Polfliet, vice-président de Faktion

La personnalisation, elle, permet de ne plus s’adresser à un groupe de clients, mais à chaque client...

«C’est primordial. Moi, je n’achèterais pas une Ferrari. Mais entre une Volvo et une BMW, il pourrait y avoir des arguments auxquels j’adhère et qui vont modifier mon choix. Ce ne serait plus un slogan pour tout le monde, mais l’argument parfait. 

Cette personnalisation a été un peu malmenée par le Règlement général sur la protection des données, non?

«Ce n’est plus un problème. La protection des données est une bonne chose. Honnêtement, cela a été la panique l’an dernier, quelques projets ont été retardés parce que nous avons dû étudier l’impact du règlement sur notre activité. Mais aujourd’hui, le RGPD amène la confiance du client qui, du coup, espère de la valeur en retour. C’est un cercle vertueux.»