Case Study – Externalisation

L’externalisation croît dans l’IT

08 Mars 2015 Par Jean-Marc Streit
Nicolas Hurlin, partner au sein de l'agence The Recruiter.
Nicolas Hurlin, partner au sein de l'agence The Recruiter. (Photo: Julien Becker )

Le cloud computing confirme son ascension sans pour autant remettre en cause la vague d’externalisation qui grossit, depuis quelques années déjà, au Luxembourg. Nicolas Hurlin, partner au sein de The Recruiter, observe une demande croissante en profils spécialisés pour des prestataires de services IT.

D’aucuns prévoient une remise en cause voire la fin programmée de l’externalisation, corollaire à l’avènement et à la généralisation du cloud computing. S’il est indéniable que le nuage simplifie de nombreux aspects de l’informatique et des services métiers, il est également vrai qu’il en complique nombre d’autres. Il ne fait toutefois aucun doute que l’outsourcing s’en trouvera, sinon bousculé, du moins réajusté. Nicolas Hurlin, partner au sein de l’agence The Recruiter, s’il ne peut s’exprimer quant aux questions d’ordre technique, observe néanmoins, depuis quelques années déjà, un mouvement et un changement profond au sein des ressources humaines dans le secteur de l’IT. En lien avec le cloud? «En tous les cas, ce changement atteint tous les métiers liés aux technologies de virtualisation», affirme-t-il. Les entreprises ont depuis amorcé un mouvement de transfert de compétences et de ressources de leur département interne vers des prestataires de services. Le constat d’une augmentation notable de l’externalisation des services IT ne peut être lié temporellement à l’émergence du cloud dans les entreprises mais, à l’inverse, n’en semble pas remis en cause. «Cette tendance a par contre modifié les profils des collaborateurs. Aujourd’hui, les professionnels du secteur IT doivent avoir, pour une grande majorité, un sens du service prononcé, car ils travaillent en qualité de prestataire externe. Ils ont également comme obligation de faire preuve d’une plus grande agilité dans la mesure où ils œuvrent en qualité de professionnels multi-clients, ce qui suppose une faculté d’adaptation à de nouveaux environnements, à différentes cultures, méthodes et techniques de travail, etc.», explique-t-il. Le métier est également plus segmenté et plus concurrentiel, ce qui pour des professionnels ayant une longue expérience au sein d’un même service suppose de repenser leurs activités. 

Le métier change, les compétences et aptitudes évoluent et dans ce mouvement, le turnover s’accroît. «Ceci est compréhensible. En travaillant pour des prestataires externes, le sentiment d’appartenance des salariés à la structure qu’ils servent n’est plus forcément une réalité.» Le constat est là: s’il n’était pas rare de compter des employés qui avaient plus de 10 ans d’ancienneté au sein d’un même département IT il y a quelques années, aujourd’hui cette tendance se fait plus rare au sein des prestataires de services, les compétences étant en évolution permanente au fil du développement des technologies.

Des besoins que le cloud ne freine pas

D’un point de vue ressources humaines, l’outsourcing ne semble donc pas être impacté par le cloud. «On sent une demande permanente, à la fois d’experts techniques à différents niveaux de séniorité et des généralistes, de type chef de projet par exemple», ajoute M. Hurlin. La problématique reste ainsi de trouver les bons candidats qui maîtrisent entre autres l’anglais en plus d’une des langues véhiculaires du pays (français, allemand). Et comme les demandes émanent de plus en plus des prestataires IT, les certifications techniques et méthodologiques deviennent un prérequis indispensable.

«Ceci est compréhensible, puisqu’un prestataire doit pouvoir justifier auprès de son client des compétences de ses experts. Certains professionnels sur le marché ont développé leur expérience sur le tas et n’ont pas forcément les certifications demandées. Selon mes observations, les chefs de projets certifiés en provenance de pays de l’Est comme la Pologne, la Bulgarie ou la Roumanie, entre autres, sont de plus en plus nombreux; les certifications deviennent un véritable facteur de valorisation et de reconnaissance d’un socle de compétences professionnelles.»

Enfin, dans le secteur IT toujours, les professionnels liés au marketing digital ainsi qu’au développement web sont relativement difficiles à recruter, car ils sont très courtisés partout en Europe. «Mais cette tendance ne peut être liée au cloud, même si certains de ces métiers touchent plus ou moins au cloud, dans le domaine des services d’e-commerce
par exemple», conclut-il.