Mobilité

Les transports gratuits sans impact sur l’emploi

22 Janvier 2019 Par Nicolas Léonard
La gratuité des transports a offert au Luxembourg une publicité internationale. (Photo: Matic Zorman)

Les transports gratuits vont aussi signer la disparition des contrôleurs et des guichetiers, du moins dans une certaine mesure. Le ministre François Bausch (Déi Gréng) assure cependant que tous les emplois seront préservés.

Le Luxembourg, le 1er mars 2020, sera le premier pays en Europe à offrir la gratuité des transports en commun sur son sol. Une bonne chose pour les usagers. Mais qui le sera peut-être moins pour le personnel des CFL, de Luxtram ou des réseaux de bus. Les syndicats ont des craintes pour l’emploi. Lundi, alors que François Bausch allait détailler la mesure, des membres du FNCTTFEL distribuaient leurs tracts devant le ministère des Infrastructures.

Il restera du personnel à bord des bus et des trains, et sur les quais.

François Bausch, ministre de la Mobilité

Le ministre s’est voulu clair et rassurant: la gratuité des transports en commun n’impactera pas l’emploi. «Les agents doivent assumer actuellement cinq missions principales: contrôler les titres de transport, vendre ces titres, s’assurer de la qualité du service, veiller au respect de l’ordre dans les moyens de transport, mais aussi les gares et les haltes, maintenir la sécurité. Finalement, seules les deux premières missions vont tomber. Mais les plus importantes, ce sont les trois autres. Et d’autres missions vont être définies par un groupe de travail qui est déjà constitué», indique le ministre.

Le personnel concerné sera donc réorienté pour assurer d’autres tâches, notamment «l’information aux voyageurs» ou «l’ordre et la sécurité dans les transports», explique François Bausch. Qui assure aussi qu’«il restera toujours du personnel navigant dans les bus, les trains et le tram. Comme il en restera aussi sur les quais. C’est une simple réorganisation du travail.» Les syndicats annoncent pour leur part qu’ils resteront évidemment très attentifs.

2,23 milliards d’investissement dans le rail

Et si la décision du gouvernement n’impacte pas directement l’emploi, elle ne sera pas non plus un frein aux futurs investissements. «Nous souhaitons exécuter un paquet de mesures en faveur du rail, avec des investissements à hauteur de 2,23 milliards entre 2018 et 2023. Dont 400 millions dans le matériel roulant, ce qui constitue le plus grand marché jamais lancé dans l’histoire du rail», indique François Bausch.

De plus, 388 millions seront investis dans le tram durant cette même période de cinq ans. «Pour desservir le Findel, mais aussi 10 pôles d’emploi nouveaux, dix nouveaux arrêts. Sans oublier le tram rapide vers Esch», conclut le ministre.

«Mieux vaut cela que les LuxLeaks»

Heureux également de la publicité internationale offerte par la gratuité du transport public au pays, et cela dans le monde entier. Lundi, pour la présentation officielle de la mesure du gouvernement Gambia 2, de nombreux journalistes étrangers avaient fait le déplacement. «Je ne vais pas m’en plaindre et je préfère que l’on parle du Luxembourg pour cela plutôt que pour les LuxLeaks. Mais c’est surtout, comme je l’ai encore expérimenté voici peu à Washington, une occasion d’évoquer la mobilité au sens large, les enjeux, les moyens... La gratuité, c’est juste la cerise sur la gâteau.»