Parlement européen

Les «quatre fronts» européens selon Macron

17 Avril 2018 Par François Aulner
Emmanuel Macron lors du débat sur l’avenir de l’Union européenne, ce mardi à Strasbourg. (Photo: Union européenne)

D’ici les élections européennes de 2019, l’Europe doit présenter des résultats en matière de politique de migration, de fiscalité du numérique, de l’Union économique et monétaire et de la culture, réclamait le président français ce mardi au Parlement européen.

«Face à l’autoritarisme, la réponse n’est pas la démocratie autoritaire, mais l’autorité de la démocratie», déclarait le président de la République française ce mardi lors d’un débat au Parlement européen sur l’avenir de l’Union européenne. Face aux «divisions et doutes» et face aux «transformations du numérique» et au «réchauffement climatique», Emmanuel Macron «refuse» de tomber dans la «somnolence», dans «le luxe d’oublier» ou dans «l’habitude».

Dans un discours comme il les aime, dans lequel il faisait référence au philosophe politique du 19siècle Alexis de Tocqueville et évoquait l’idée de la «démocratie libérale», le président français expliquait comment, selon lui, il fallait créer, dans un rassemblement des souverainetés, une «souveraineté plus grande», qui est celle de l’Europe. 

Créer un «sentiment d’appartenance»

Cette souveraineté, le président français la déclinait en six points: celle de la sécurité et de la défense, celle de l’économie et du commerce, celle du climat et de l’énergie, celle de la santé et de l’alimentation, celle du numérique, et pour finir, celle du «socle social». En outre, il souhaite «ouvrir le débat sur un prix plancher pour le carbone et une taxe CO2 aux frontières».

Sur le court terme, d’ici les élections européennes de mai 2019, Emmanuel Macron réclamait des «résultats tangibles» aux députés européens. 

Au niveau de la migration, il plaidait pour la création d’un programme européen pour soutenir les collectivités qui accueillent des réfugiés. Au niveau de la taxation du numérique, il plaidait en faveur d’un accord concernant les propositions de la Commission. Au niveau de l’Union économique et monétaire, il défend une feuille de route pour favoriser la convergence, et au niveau de la culture, il appelle à un «sentiment d’appartenance».

Je ne veux pas la guerre aux Balkans.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne

«La vraie France est de retour», se réjouissait le président de la Commission européenne immédiatement après l’intervention du président de la République. Jean-Claude Juncker offrait son soutien inconditionnel au projet d’Emmanuel Macron: «L’histoire de demain s’écrit aujourd’hui. Je souhaiterais qu’on l’écrive ensemble.»

Cela dit, l’ancien Premier ministre luxembourgeois, toujours ravi du rapprochement entre la France et l’Allemagne, rappelait que l’Europe ne serait «pas seulement française ou allemande».

Dans sa brève intervention, Jean-Claude Juncker évoquait «le sort des peuples des Balkans» et avertissait qu’enlever les perspectives d’adhésion aux Balkans occidentaux risquerait de ranimer la guerre.

La rédaction a choisi pour vous