Outils

Les petites entreprises au défi de la digitalisation

18 Janvier 2018 Par Audrey Somnard
Francine Closener
Francine Closener veut que les petites entreprises bénéficient des aides accordées par l’État.  (Photo: Anthony Dehez)

Le ministère de l’Économie, la Chambre de commerce, la Chambre des métiers et Luxinnovation ont regroupé leurs efforts pour que les PME et TPE du Luxembourg passent à l’ère digitale avec un programme d’aides concrètes. Le chantier est vaste.

Les petits patrons ne sont pas seuls. C’est le message qu’a voulu faire passer jeudi Francine Closener, secrétaire d’État à l’Économie, avec la présentation des programmes d’aides aux petites et moyennes entreprises dans leur processus de digitalisation. «Fit 4 Digital», «eHandwierk» ou encore «Go Digital» ont pour objectif que les PME et TPE passent à l’ère digitale.

Concrètement, le ministère de l’Économie propose un système de «voucher» pour proposer un suivi de consultants labellisés par Luxinnovation pour accompagner les entreprises dans leur phase de digitalisation. Le but est que les chefs d’entreprise s’adressent aussi bien à guichet.lu, la Chambre de commerce ou la Chambre des métiers. Tous les chemins mènent à «Fit 4 Digital», développée par Luxinnovation.

Nous voulons tendre la main aux TPE

Francine Closener, secrétaire d’État à l’Économie

Le gros avantage, c’est que pour obtenir cet accompagnement, il suffit de remplir un simple formulaire en ligne. Fini la paperasse compliquée et longue pour obtenir une aide, à hauteur de 5.000 euros: «Nous voulons tendre la main aux TPE qui sont perdues. Entre ceux qui ont une activité florissante et les autres qui pensent que ce n’est pas pour eux, ils ont tort, martèle la secrétaire d’État. Beaucoup d’entrepreneurs ne savent pas qu’ils ont droit à des aides, ou ils pensent que ça sera trop compliqué. Nous avons simplifié les choses pour que cet accompagnement nécessaire soit accessible à tous».

Pour les patrons de PME et TPE, pas toujours facile de prendre le temps de la réflexion pour améliorer sa société, et plus encore répondre aux sirènes de la digitalisation. «Nous organisons depuis plusieurs années déjà des séances de prévention à nos membres, mais seules les entreprises qui avaient déjà commencé leur phase de digitalisation de leurs activités venaient, explique Tom Wirion, directeur de la Chambre des métiers. Plus de la moitié ne venaient pas. Nous avons donc décidé de venir les voir, en commençant par une douzaine d’entreprises lors d’une phase pilote». 

Selon ce dernier, ce sont plus de la moitié des artisans qui nécessitent un accompagnement dans la digitalisation de leur activité: «Nous avons des entreprises qui ont à peine l’e-mail d’un couvreur qui utilise un drone pour mesurer la toiture avant les travaux. Cela permet de gagner du temps et éviter aux ouvriers de monter sur le toit juste pour faire des mesures».

Mon entreprise a une meilleure visibilité dans la région.

Sacha Thommen, patron de Farbe & Design

L’État a déboursé 25 millions d’euros d’aides aux PME en 2016, et ce n’est pas un problème de budget: «Nous avons eu entre 800 et 1.000 demandes de la part des PME, ce n’est vraiment pas beaucoup sur un total de 30.000 PME dans le pays, regrette Francine Closener. Ils se disent que c’est trop compliqué, mais les aides sont là pour eux. Il faut vraiment mieux communiquer pour qu’ils sachent qu’ils y ont droit».

Jusque là, dix entreprises ont participé au projet pilote. Elles se sont dites satisfaites. Le projet a officiellement démarré en octobre dernier, plus du double ont participé par rapport à la phase pilote.

Sacha Thommen est le patron de Farbe & Design, une petite entreprise de peinture qui compte neuf employés. Après une analyse de l’activité et des besoins de son entreprise, le consultant a rapidement mis en place des solutions qui ont changé la donne: «Nous avons créé un site internet ‘web responsive’, avec des rapports mensuels sur le trafic. Nous avons également changé les logiciels pour pouvoir émettre des offres commerciales adaptées à nos besoins. Je ne savais même pas que ça existait! Le programme a été mis en place en mars 2017, et depuis, mon entreprise a une meilleure visibilité dans la région. J’ai également pu recruter via Facebook. Les résultats ont été très rapides».