Élections

Les midterms ont divisé les États-Unis

07 Novembre 2018 Par Nicolas Léonard
Le Capitole abritera une Chambre démocrate et un Sénat républicain. (Photo: shutter stock/Pressmaster)

Les élections de mi-mandat aux États-Unis (midterms) étaient vues par beaucoup comme un referendum pro- ou anti-Trump. Au final, le président n’est ni gagnant ni perdant.

Les élections de midterms étaient très attendues aux États-Unis. Mais aussi partout dans le monde. Il est vrai que le scrutin de mi-mandat était aussi présenté comme un referendum à l’égard du président Donald Trump.

Quel bilan tirer, alors que des incertitudes existaient encore autour d’une poignée de sièges, insuffisamment cependant pour inverser la tendance?

La Chambre en bleu

À la Chambre, où il fallait renouveler les 435 postes de députés, la victoire est clairement démocrate. Les sondages l’annonçaient et, de plus, un recul du parti du président est presque systématique à mi-mandat. Il fallait aux démocrates emporter 23 sièges sur leurs rivaux pour regagner la majorité. Ils en avaient emporté 26 ce mercredi après-midi (219 députés pour les démocrates, 193 pour les républicains). Des dépouillements concernaient encore 23 sièges. Mais la victoire ne pouvait plus être contestée – elle ne l’était même plus de la part des républicains –, le site Cook Political Report estimant même que les démocrates pourraient au final rafler 30 députés aux républicains.

Barre à gauche

Le scrutin restera en tout cas inscrit dans l’Histoire puisqu’il voit la première élection de deux députées de confession musulmane et de deux autres aux origines amérindiennes. La plus jeune élue est originaire de New York et a 29 ans. Il s’agit d’Alexandria Ocasio-Cortez.

Plus jeune, la Chambre sera aussi plus à gauche. Nombre de nouveaux députés du camp démocrate sont en effet proches de Bernie Sanders.

Résistance au Sénat

Au Sénat, par contre, les républicains ont fait mieux que résister. Alors qu’il s’agissait de renouveler 35 des 100 sénateurs, ils ont renforcé leur majorité. Il est vrai que les démocrates partaient avec un fameux challenge à relever: conquérir trois postes de sénateur sur les 26 remis en jeu par les républicains. Il semblait évident que le camp présidentiel verrait sa majorité renforcée. Et de fait, alors que des incertitudes planaient concernant quatre sièges, les républicains en avaient 51 à eux contre 45 aux démocrates. 

Voilà au moins une bonne nouvelle pour le président, puisque sans une majorité des deux tiers du Sénat, impossible de faire aboutir une procédure d’«impeachment» (destitution). Par contre, la Chambre, désormais démocrate, ne manquera pas, comme l’a souligné le New York Times, de mener nombre de procédures et d’investigations envers le président et son administration. Cette nouvelle donne rendra aussi la politique de Trump moins facile à dicter, au moins sur le plan national. Les démocrates ont d’ailleurs fait campagne en promettant de protéger la couverture «santé» des Américains.

Ce scrutin devait aussi permettre de désigner 36 gouverneurs, les hommes qui pèsent souvent le plus lourd dans leur État. Et les républicains ont été battus par les démocrates dans huit États qu’ils détenaient. Mais tout n’est pas noir non plus pour le camp présidentiel, puisqu’il a emporté deux États très importants où les résultats étaient indécis: l’Ohio et la Floride.

Les États-Unis sortent donc scindés en deux de cette épreuve électorale. C’est l’enseignement que tiraient la plupart des journaux américains. Le New York Post évoquait ainsi une nation divisée, tandis que le Washington Post titrait sur un «referendum qui plonge les USA dans la scission». Alors que le New York Times mettait en avant la victoire démocrate, de nombreux médias ont aussi relayé une  «victoire de la démocratie». 


Pour sa part, le président Trump a suivi les élections depuis la Maison Blanche. Avant de réagir sur Twitter en évoquant un «immense succès».