Sommet de l’ALDE

Les libéraux veulent «faire renaître l’Europe»

28 Juin 2018 Par Jonas Mercier
Xavier Bettel, en train d’accueillir le premier ministre belge, Charles Michel, au château de Senningen, mercredi après-midi.
Xavier Bettel, en train d’accueillir le Premier ministre belge, Charles Michel, au château de Senningen, mercredi après-midi. (Photo: Mike Zenari)

À l’invitation de Xavier Bettel, les Premiers ministres et commissaires libéraux de l’Union européenne sont venus préparer le sommet européen du 28 et 29 juin, mercredi, au château de Senningen. La migration a été leur principal sujet de discussion.

À en croire Cecilia Malmström, la commissaire européenne au Commerce, c’était un rendez-vous qui n’avait rien d’extraordinaire, une réunion informelle comme il y en a souvent entre les libéraux européens. «Cette fois-ci, c’est Xavier Bettel qui nous a fait la gentillesse de nous inviter chez lui», a-t-elle simplement expliqué en arrivant au château de Senningen.

L’enjeu semble toutefois plus important que d’habitude, car il s’agit de préparer le sommet européen qui débute jeudi et qui s’annonce crucial pour l’avenir de l’Europe. «La priorité absolue [de ce rendez-vous] sera de faire renaître et de reformer l’Europe», n’a pas hésité à affirmer Guy Verhofstadt, le président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (Alde).

Nous avons pris beaucoup de temps pour parler des questions de migration.

Xavier Bettel, Premier ministre du Luxembourg

Une renaissance qui passera certainement par la question de la migration, qui continue de diviser les Européens. C’est en tout cas ce sujet qui a été le plus discuté par les cinq Premiers ministres européens libéraux, conviés par Xavier Bettel, un peu avant l’arrivée des cinq autres commissaires européens libéraux et des représentants de l’Alde.

Pendant deux heures et demie, Charles Michel (Belgique), Lars Lokke Rasmussen (Danemark), Jüri Ratas (Estonie), Mark Rutte (Pays-Bas) et Miro Cerar (Slovénie) ont échangé à huis clos. «Nous avons pris beaucoup de temps pour parler des questions de migration, car c’est ce qui nous intéresse tous», a confié le Premier ministre aux journalistes, au sortir de la réunion.

(Photo: Mike Zenari)(Photo: Mike Zenari)(Photo: Mike Zenari)(Photo: Mike Zenari)(Photo: Mike Zenari)(Photo: Mike Zenari)(Photo: Mike Zenari)

Des règles, mais lesquelles?

Les chefs de gouvernement libéraux de l’Union européenne sont d’accord pour définir des règles qui fonctionnent et entendent bien «mandater la présidence autrichienne de l’Union européenne (qui débute le 1er juillet, ndlr) pour continuer de voir ce qui ne marche pas dans les accords de Dublin.»

«Nous étions six [Premiers ministres] et nous sommes tous d’accord pour dire que la migration légale doit être la norme et qu’on doit avoir un certain contrôle», a détaillé Xavier Bettel.

Mais quelles doivent être plus précisément les règles? Les Libéraux ne semblent pas tous avoir le même point de vue. Le chef du gouvernement n’a toutefois pas voulu parler de désaccords et a expliqué que sa famille politique avait la «volonté de tout partager.»

Nous verrons bien si nous avons des points de convergences [avec le Premier ministre tchèque].

Xavier Bettel, Premier ministre du Luxembourg

N’ayant pas pu participer à la réunion de l’après-midi, Andrej Babis, qui était nommé un peu plus tôt dans la journée une seconde fois Premier ministre de la République tchèque, est arrivé au château de Senningen en fin d’après-midi. C’est le seul des Premiers ministres membres de l’Alde qui s’est clairement positionné – aux côtés de la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et l’Autriche – contre l’accueil des migrants. «Nous verrons bien si nous avons des points de convergences», a lâché sans trop y croire Xavier Bettel, avant de passer à table.

«Je vous avoue qu’on n’arrive toujours pas à se mettre d’accord, mais la conclusion sera toujours celle d’avoir un mécanisme de répartition permanent qui fonctionne», a continué le Premier ministre. «Or, aujourd’hui, on n’y arrive pas encore, il ne faut pas se voiler la face.»

La solidarité ne doit pas être la règle

L’un des objectifs annoncés par l’Alde jeudi est de faire évoluer le mécanisme de Dublin, qui, pour l’instant, est «bloqué». «Je crois que la proposition de l’Allemagne de dire que le pays où la demande d’asile a été faite doit être celui où sont ramenés les demandeurs d’asile est la règle et qu’elle devrait être déjà respectée», a estimé Xavier Bettel.

Au sujet de la position du Luxembourg d’accueillir 15 des 240 migrants secourus par le Lifeline, le bateau battant pavillon hollandais qui a finalement pu jeter l’ancre à Malte, le Premier ministre a expliqué qu’il s’agissait d’une question de «solidarité». Mais cela ne peut être la règle. «On ne peut pas toujours gérer dans l’urgence cette question.»