Fusion des trois syndicats

Les journalistes parlent d’une seule voix

24 Octobre 2017 Par Camille Frati
Association luxembourgeoise des journalistes professionnels
Luc Caregari (2e à gauche) a été élu par acclamation au poste de président pour deux ans. (Photo: Maison Moderne)

L’Association luxembourgeoise des journalistes professionnels a officiellement vu le jour mardi et élu son président pour deux ans, Luc Caregari (Woxx).

La profession a mis fin mardi soir à une curiosité nationale: la coexistence de trois syndicats de journalistes dans un pays qui en compte 500. Une curiosité qui trouve ses racines dans une histoire mouvementée débutée avec l’Association luxembourgeoise des journalistes (ALJ), créée en 1925. Deux scissions ont conduit à l’apparition de l’Union des journalistes luxembourgeois en 1977 et du Syndicat des journalistes – Luxembourg en 2004, et à un partage de la profession quasiment calqué sur les grands groupes de presse – l’ALJ pour Editpress (Tageblatt, Le Quotidien, Le Jeudi) et l’UJL pour le groupe Saint-Paul (Wort), le SJ-L revendiquant son statut d’indépendant.

Les trois syndicats cherchaient depuis quelques années à se rapprocher, la dernière tentative la plus avancée ayant avorté en 2012. Mais la graine de l’unité a fini par germer pour donner naissance à un nouveau syndicat unique. «Enfin nous parlons d’une seule voix», se réjouit Roger Infalt, président par intermittence de l’ALJ depuis 20 ans et artisan de la réunification.

Accès à l’information et défense des free-lances

L’assemblée constituante de l’ALJP s’est réunie mardi soir afin de voter les statuts de la nouvelle association, dont la mission est «de veiller à la sauvegarde de la liberté, de la dignité et de l’indépendance des médias luxembourgeois, sans distinction d’ordre politique, idéologique, religieux ou autre; de prendre en main la représentation et la défense des intérêts professionnels de ses membres; d’organiser l’entraide dans l’intérêt de ses membres; de veiller aux bons rapports de confraternité parmi ses membres».

La quarantaine de journalistes présents – représentant les principaux supports (presse écrite et audiovisuelle) et médias luxembourgeois hormis L’essentiel – a unanimement élu Luc Caregari, président du SJ-L depuis deux ans et candidat unique, à la présidence du nouveau syndicat. Le journaliste de Woxx a évoqué ses objectifs prioritaires, parmi lesquels l’aboutissement d’une loi sur l’accès à l’information, la protection des sources et la défense des journalistes free-lance qui ne bénéficient pas d’un véritable statut à l’heure actuelle.

D’autres sujets ont également émergé lors des discussions, de l’éthique journalistique à la défense des droits d’auteur de la presse image en passant par la limite de plus en plus confuse entre articles journalistiques et contenus sponsorisés.

Le nouveau syndicat porte ainsi la volonté de la profession de s’unir pour gagner de la visibilité et de la crédibilité dans ses tractations avec les pouvoirs publics comme les organes de presse. La volonté également de dépasser les clivages du passé qui ont désuni la profession – d’où l’élection symbolique de Luc Caregari, trentenaire et président d’un syndicat indépendant des groupes de presse majoritaires du pays, à sa tête, pour un mandat de deux ans renouvelable une seule fois. Il sera assisté de 16 membres au sein du comité, parmi lesquels seront désignés deux vice-présidents, un secrétaire général et un trésorier général.