Législatives françaises

Les Français du Luxembourg aux urnes ce dimanche

02 Juin 2017 Par Frédéric Antzorn
Législatives françaises
Les quelque 24.000 Français du Luxembourg inscrits sur les listes électorales devront choisir ce dimanche parmi 18 candidats. (Photo: DR)

Le premier tour des législatives françaises aura lieu ce dimanche pour les Français de l’étranger. Au Luxembourg, ils sont près de 24.000 à pouvoir voter. Et à devoir choisir parmi 18 candidats.

Quelque 1,3 million de Français résidant hors de l’Hexagone et inscrits sur les listes électorales sont appelés – une semaine avant les Français de France – à voter ce samedi ou ce dimanche à l’occasion du premier tour des élections législatives.

Après les législatives de 2012, ce sera la deuxième fois qu’ils éliront leurs propres députés au Parlement français, sur base de la réforme – en 2008 – de la Constitution qui a prévu que «les Français établis hors de France sont représentés à l’Assemblée nationale et au Sénat».

Selon un découpage géographique du globe en 11 circonscriptions, ils devront donc - en deux tours - élire ou renouveler 11 députés, sur un total de 577 élus à l’Assemblée nationale.

Dans la circonscription du Benelux

Parmi ceux-ci, un – actuellement Philip Cordery (Parti socialiste) - représente les ressortissants de l’Hexagone établis au Luxembourg, mais aussi les Français de Belgique et ceux des Pays-Bas dans la quatrième de ces 11 circonscriptions, celle du Benelux.

Au total, ils sont 123.000 dans ces trois pays à être inscrits sur les listes électorales, dont près de 24.000 au Luxembourg, sur 42.000 résidents français, qui voteront dimanche au Lycée Vauban à Luxembourg.

Ils devront choisir parmi 18 candidats  – ils étaient 16 en 2012 – qui, outre le député sortant Philip Cordery (PS), sont Sylvain Bleubar (indépendant), Olivier Rasson (Union populaire républicaine), Yann Pereira (Ma Voix), Philippe Lanney (Front des patriotes républicains), Denys Dhiver (Parti chrétien-démocrate), Muriel Réus (Divers droite) , Pieyre-Alexandre Anglade (La République en Marche), Sophie Rauszer (La France insoumise), Valérie Bros (Les Républicains), Claire Des Mesnards (indépendante), Soraya Lemaire (Front national), Perrine Ledan (Europe Écologie – Les Verts), Caroline Laporte (Union des démocrates et indépendants), Yves Gernigon (Parti fédéraliste européen), Bertrand De Cordier (Mouvement unitaire progressiste), Frédérique Plaisant (Parti radical de gauche) et Juliette Saumier (Parti Pirate).

La République toujours en marche

Selon les résultats de la dernière présidentielle d’il y a un mois, lors de laquelle les Français de l’étranger avaient voté pour Emmanuel Macron à 40,4% au premier tour et à 92,5% au second, le candidat de La République en Marche – Pieyre-Alexandre Anglade – pourrait bien créer la surprise et ravir le siège de député occupé par Philip Cordery, qui va tenter de se faire réélire.

Mais ce dernier doit composer avec un double handicap. Il représente un parti – le Parti socialiste – aujourd’hui moribond, et il a tenté, dans l’optique de ces législatives, d’obtenir l’investiture de La République en marche qui lui a été refusée, une manœuvre de rapprochement que certains sympathisants socialistes ne lui pardonneront pas.

Le plus âgé élu si...

À noter encore que si un des 18 candidats obtient une majorité absolue des suffrages, représentant au moins 25% des électeurs inscrits, il sera directement élu et il n’y aura donc pas de second tour organisé le 18 juin.

Dans le cas contraire, un second tour aura lieu entre tous les candidats ayant obtenu au moins 12,5% des suffrages, faisant qu'il peut donc arriver qu’il y ait trois, voire quatre candidats au second tour.

Et si tel n’est pas le cas, ce sont les deux candidats qui auront obtenu le plus de voix qui s’affronteront, sachant qu’en cas d’égalité au second tour, c’est le candidat le plus âgé qui est élu.

Ni vote ni profession de foi électronique

Enfin, pour ceux qui s’interogent sur la raison pour laquelle le premier tour de ces législatives est organisé une semaine plus tôt pour les Français de l’étranger par rapport aux métropolitains, il faut savoir qu’elle est d’ordre logistique.

L’option du vote électronique ayant été abandonnée face aux risque de cyberattaque pouvant influer sur le résultat, certains électeur vont devoir parcourir – comme au Brésil, en Australie ou en Chine – des centaines voire des milliers de kilomètres pour rejoindre leur bureau de vote.

Et ce sont ces distances qui ont motivé ce délai de deux semaines entre les deux tours, puisque – après le premier – les résultats doivent être recueillis puis validés par les autorités en France, avant que les électeurs répartis dans le monde entier doivent ensuite tous recevoir par voie postale les professions de foi des candidats du second tour, par souci d’égalité démocratique.

Faute de solution électronique ici non plus, cela représente un budget de 215 millions d’euros pour – sur base des chiffres des législatives de 2012 – quelque 9.000 tonnes de papier correspondant à l’exploitation de 105 hectares de forêt.