Grand Est

Les entreprises lorraines manquent de bras

10 Décembre 2017 Par Paperjam.lu
Industrie
Dans le secteur industriel, notamment, les entreprises lorraines éprouvent beaucoup de difficultés lorsqu’il s’agit d’embaucher de la main-d’œuvre. (Photo: DR)

L’inadéquation entre les besoins des entreprises et les diplômes des jeunes Lorrains provoque de grosses difficultés de recrutement de l’autre côté de la frontière française.

Malgré la reprise économique et des carnets de commandes bien remplis, les entreprises lorraines peinent à recruter.

Et ce dans de nombreux secteurs d’activité, relèvent nos confrères du Républicain, qui ont sondé des recruteurs de l’industrie, du bâtiment et des travaux publics, des métiers de bouche et de la santé, pour n’en citer que quelques-uns.

Dans l’industrie, les entreprises recherchent particulièrement… tous les métiers, de l’ingénieur à l’opérateur, en passant par l’informaticien industriel, l’automaticien, le chef de projet ou le pilote de ligne.

Colère et frustration

Senior manager chez Page Personnel, Richard Menneglier explique que beaucoup de clients du cabinet de recrutement sont freinés dans leur croissance et expriment des sentiments de colère, de frustration et d’incompréhension.

«Nombreuses sont les PME qui ne parviennent pas à tenir les délais ou à franchir un palier qualitatif, faute de personnel suffisant et qualifié», ajoute-t-il.

Si le Luxembourg aspire beaucoup d’emplois lorrains, cela ne suffit pas pour expliquer cette pénurie de main-d’œuvre, le Grand Est présentant tout de même, et malgré cette proximité grand-ducale, un taux de chômage de quelque 10%.

«Pas d’industrie sans bras»

Selon les entrepreneurs, c’est avant tout l’inadéquation entre diplômes et besoins des entreprises qu’il convient de mettre en avant. Et de plaider pour une reconnexion des écoles aux entreprises, les programmes des premières ne correspondant plus aux besoins des secondes.

«Même quand on robotise, on a besoin d’humains pour travailler», clame l’un d’eux, qui précise que «sans bras, l’industrie n’existe pas». D’où sa préférence pour une revalorisation des salaires et une baisse des indemnités de chômage. «Pour», dit-il, «redonner de la valeur au travail.»