Selon un sondage

Les entreprises britanniques craignent moins le Brexit

06 Août 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Si 55% des entreprises cotées au FTSE 350 jugent actuellement le Brexit comme néfaste au business, ce chiffre était de 69% à l’été 2017, selon le sondage «FT–ICSA Boardroom Bellwether». (Photo: Licence C.C.)

Alors que les négociations en cours entre Bruxelles et Londres piétinent toujours, les plus importantes sociétés du Royaume-Uni se disent plus optimistes quant aux conséquences du départ du pays de l’UE, même si elles restent inquiètes sur les perspectives globales.

Le Brexit semble faire de moins en moins peur aux grandes entreprises britanniques. Si plus de la moitié (55%) d’entre elles restent convaincues que le départ du Royaume-Uni aura des effets néfastes sur l’économie, selon le sondage «FT-ICSA Boardroom Bellwether» publié en fin de semaine dernière, ce chiffre apparaît en net recul. À l’été 2017, elles étaient plus de deux tiers (69%) à partager cette vision.

Ce regain d’optimisme des sociétés cotées au sein du FTSE 350 s’expliquerait avant tout par le fait qu’une partie importante de leurs activités se déroule hors du Royaume-Uni. Ainsi, 58% d’entre elles estiment que le Brexit n’aura «aucun impact» sur leurs activités, bien que les deux tiers reconnaissent que ce départ représente un risque. Mais un risque qui n’est pas jugé comme «majeur».

Un risque «inconfortablement élevé»

Mais derrière ces chiffres se cache toutefois une perspective économique morose, puisque seuls 6% des sondés estiment prévoir une amélioration de la situation d’ici 2019. Ils étaient 8% lors du dernier sondage, réalisé en début d’année, et 13% il y a un an. Il est difficile de voir d’autres raisons à ce pessimisme autour de l’économie, si ce n’est les luttes intestines du gouvernement sur le Brexit et l’absence d’un plan clair en cas d’accord à la fin des négociations», estime, pour sa part, Peter Swabey, directeur de la recherche de l’institut ICSA, en charge du sondage.

Les données présentes dans le «FT-ICSA Boardroom Bellwether» confirment les craintes exprimées par le gouverneur de la Bank of England, qui évoquait vendredi un risque «inconfortablement élevé» d’un no deal entre Bruxelles et Londres, tout en jugeant «improbable» un tel scénario.