100 ans de l’Aleba

Les balbutiements de la Place en images

05 Juin 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Machines à écrire et téléphones étaient les principaux outils de travail des banquiers de la Place au cours des années 1950. (Photo: Bil / Archives)

Ce mardi 5 juin, le principal syndicat du secteur bancaire célèbre son 100e anniversaire. L’occasion de se replonger dans les archives pour découvrir le chemin parcouru au sein des établissements du principal moteur économique du pays.

Descendant de l’Association luxembourgeoise des employés de banque née en 1918, devenu Aleba en 1964 en raison de la croissance du secteur des assurances, le syndicat a vu évoluer ce qui deviendra la place financière actuelle. Que ce soit la création de la Bourse de Luxembourg en 1927, la mise en place de la Holding 1929 ou l’essor de l’emploi. De moins de 1.000 salariés en 1955, le personnel des banques a atteint 26.100 salariés fin 2017, contre 224 personnes dans le secteur des assurances en 1955 à 7.100 au 31 décembre dernier.

Au moment où les deux secteurs ont signé chacun de leur côté une nouvelle convention collective marquée par la volonté de modernisation, une plongée dans les archives permet de se rendre compte des évolutions réalisées. Que ce soit bien évidemment dans les outils utilisés que dans les pratiques.

Créé dans les années 1930, le Telex était un service de communication à longue distance  utilisé notamment pour effectuer des virements. Ici en 1956 à la Bil. (Crédit: © Archives Bil)La gestion des fonds, elle, était plus artisanale. (Crédit: © Archives Bil)(Crédit: © Archives Bil)Dans les années 1950, les métiers tels que manipulateur de titres, huissier de coffre ou gestionnaire de clés télégraphiques étaient monnaie courante. (Crédit: © Archives Bil)Pour rester attractives, les banques ont aussi innové, comme ici l'accès à un guichet en voiture à la fin des années 1960, début des années 1970. (Crédit: © Archives Bil)

Parmi les métiers désormais rayés de la convention collective des banques figurent notamment les fonctions de manipulateurs de titres, d’huissier de coffre ou bien encore de gestionnaire de clés télégraphiques. Autant de métiers qui ont disparu à l’heure actuelle en raison de l’évolution des métiers de la banque, désormais à la recherche de développeurs blockchain ou de spécialistes en sécurité des données en lien direct avec l’essor annoncé de la digitalisation.

Arrivés sur la Place au cours des années 1980, les ordinateurs ont peu à peu modifié le fonctionnement des établissements financiers. (Crédit: © Archives Bil)Même si la puissance des machines de l'époque est sans commune mesure avec celle disponible actuellement. (Crédit: © Archives Bil)Face à cette évolution inéluctable, les salariés ne vont avoir d'autre choix que de se former tout au long de leur carrière. (Crédit: © Archives Bil)

Une réorientation des métiers – et donc des compétences des salariés – qui ne se fera pas du jour au lendemain. D’où l’introduction dans le nouveau cadre du secteur bancaire et des assurances d’un droit à la formation continue. Conséquences de cette perpétuelle évolution, la concentration en cours des établissements actifs sur la Place et une stagnation du volume total de postes. Deux phénomènes qui devraient se poursuivre dans les années à venir, en raison de ce que les responsables de l’Aleba qualifiaient, en janvier dernier, «d’échos inquiétants». Le dernier exemple en date concerne ainsi le départ annoncé de Nordea.

Syndicat autonome depuis 1978 et sa séparation d’avec la fédération syndicale des employés privés, l’Aleba est, depuis 2005 et la loi déposée par François Biltgen (CSV), la principale force du secteur financier. À ce titre, le syndicat dispose de la représentativité sectorielle, et donc de la prérogative de signer seul une convention collective. Lors des dernières élections sociales en 2013, il avait obtenu 50,39% des suffrages, devant l’OGBL-SBA et le LCGB-SESF.