Bilan 2016

Les assureurs progressent en douceur

13 Juillet 2017 Par Jean-Michel Lalieu
Claude Wirion Commissariat aux assurances
Claude Wirion met en avant le travail de promotion de la Place effectué dans le cadre du Brexit. (Photo: Mike Zenari / archives)

Le secteur des assurances a connu une année stable en 2016, malgré un déplacement des produits à taux garantis vers ceux en unité de compte dans l’assurance-vie. Le Commissariat aux assurances se réjouit aussi des premières conséquences du Brexit… même si ça l’oblige à recruter.

Les chiffres du secteur de l’assurance sont parfois difficiles à décoder. En 2016, le bénéfice net du secteur a atteint un niveau record à hauteur de 1,808 milliard d’euros. Oui, mais… au sein du Commissariat aux assurances, on ne se montre pas euphorique pour autant. Le secteur se porte bien, mais si le résultat après impôt du secteur a grimpé de près de 46%, c’est notamment parce que des sociétés captives de réassurance ont quitté le pays.

«Les bénéfices du secteur de la réassurance ont augmenté de plus de 55%», explique Claude Wirion, président du comité de direction du Commissariat. «C’est notamment lié au fait que, au niveau des grands réassureurs mondiaux, l’année n’a pas connu de grandes catastrophes, mais aussi à une situation particulière liée aux captives.»

En fait, les captives de réassurance, liées à des groupes privés, paient généralement peu d’impôts dans la mesure où les bénéfices de l’année sont réinjectés en vue de provisions. Lors de leur départ, toutefois, ces provisions sont transformées en bénéfices.

Un exercice stable

«Dans l’ensemble, l’exercice a été stable par rapport à 2015», analyse encore le responsable du Commissariat. L’encaissement des primes a augmenté de 1% pour atteindre 35 milliards d’euros. Quant à l’emploi, il a progressé de 130 unités (2%) et, particularité cette année, la croissance vient du marché luxembourgeois, qui compte 3.897 salariés (+2,5%) à fin 2016.

Si l’on regarde l’évolution des produits en assurance-vie, on voit que les produits à taux garantis perdent encore du terrain face aux produits en unités de compte. Pour le premier trimestre 2017, les premiers reculent de 27,89% alors que les seconds progressent de 26,92%.

«Il y a une réelle volonté de la part des compagnies d’assurances de faire glisser leurs clients de l’une à l’autre catégorie», confirme Claude Wirion. Depuis l’entrée en vigueur des règles Solvabilité II, les produits garantis sont très coûteux en matière de fonds propres; ensuite, avec le niveau des taux d’intérêt, ils sont devenus plus coûteux pour les compagnies lorsqu’elles-mêmes doivent renouveler les obligations auxquelles ils sont liés.

Nous attendons de nouvelles annonces.

Claude Wirion, président du comité de direction du Commissariat aux assurances

Le président du Commissariat note, enfin, avec une satisfaction non dissimulée, l’effet du Brexit au niveau du secteur des assurances au Luxembourg. Plusieurs compagnies anglo-saxonnes ont déjà annoncé leur intention de déménager une partie de leurs activités vers Luxembourg «et nous attendons de nouvelles annonces», assure M. Wirion.

Résultat le plus tangible à son niveau: l’engagement de quatre profils qualifiés depuis le début de l’année. «Nous devrons encore en engager autant d’ici la fin de l’exercice. Ça veut dire une augmentation du personnel de 20%... qu’il va falloir digérer.»