Législatives 2018

Les artisans présentent leurs doléances aux candidats

12 Juin 2018 Par Thierry Raizer
Tom Oberweis, Chambre des Métiers et Michel Reckinger, Fédération des artisans
Tom Oberweis, président de la Chambre des métiers et Michel Reckinger, président de la Fédération des artisans, en janvier dernier lors du pot de Nouvel An. (Photo: Nader Ghavami / archives)

La Chambre des métiers et la Fédération des artisans ont rédigé une série de propositions communes en vue des législatives d’octobre. Objectif: garantir l’avenir du pays par différentes mesures.

Six domaines-clés pour le futur du Luxembourg. Les artisans représentés par la Chambre des métiers et la Fédération des artisans ont dévoilé ce mardi leurs propositions en prélude aux élections législatives d’octobre prochain.

Ces pistes de travail pour le futur gouvernement sont décomposées en six points:

  • Valorisation des métiers de l’artisanat;
  • Aménagement du territoire, logement et mobilité;
  • Digitalisation et connectivité;
  • Europe et Grande Région;
  • État moderne, équitable, garant de l’égalité des chances;
  • Finances publiques durables, sécurité sociale soutenable.

Avec 90.000 emplois et 22% des entreprises du pays, l’artisanat – qui se positionne comme le premier employeur du pays – est en recherche d’attractivité, en particulier auprès des jeunes qu’il doit attirer pour pérenniser les entreprises, dont de nombreuses sont familiales.

Les représentants sectoriels plaident notamment pour un rapprochement de la formation professionnelle du monde des entreprises, ainsi que pour un soutien performant aux entreprises artisanales innovantes. L’artisanat doit aussi son développement à la disponibilité de terrains et zones d’activités. Les signataires du document demandent ainsi «la mise en œuvre des plans sectoriels dans des délais rapprochés pour enfin permettre des progrès réels en matière de politique d’aménagement du territoire.»

Rendre le pays «moins vulnérable»

Composant avec une concurrence sans frontière, les artisans souhaitent – dans le volet Europe et Grande Région – «l’assurance du respect des mêmes règles par les différents acteurs», dont les conventions collectives.

Quant aux finances publiques et au système de sécurité sociale, le constat de la Chambre des métiers et de la Fédération des artisans indique que «malgré les efforts de diversification entreprise par le passé, la structure économique reste très axée sur le secteur financier, ce qui augmente la vulnérabilité du pays.»

La Chambre et la Fédération recommandent donc une certaine prudence, voire la mise en œuvre de mesures garantissant la viabilité du système de pension et au risque de faire payer aux générations futures le système actuel qui engendrera, selon les calculs, une dette importante pour le budget de l’État.

Valeur ajoutée et digitalisation

En matière de politique économique, les artisans demandent «une mixité de mesures permettant une éclosion des activités à haute valeur ajoutée (secteurs prioritaires) et un accroissement de la performance des secteurs dits traditionnels.» Les notions de croissance qualitative et de productivité ne sont jamais loin dans le débat.

Autre sujet de campagne, la digitalisation de l’économie touche – forcément – les artisans, qui doivent se préparer et, en premier lieu, former leurs équipes. La Chambre des métiers et la Fédération des artisans demandent ainsi «une politique de formation et de formation professionnelle continue cohérente permettant aux entreprises de disposer des nouvelles compétences nécessaires.»

Attentifs à une concurrence «qui soit équitable entre les ‘nouveaux’ modèles et les entreprises existantes», les représentants des artisans demandent en outre une garantie d’accès aux données pour les entreprises artisanales dans leurs domaines d’intervention. 

Michel Reckinger et Tom Oberweis s’étaient récemment exprimés en vidéo sur le sujet de la digitalisation, dans le cadre d’une série coéditée par l’UEL et Paperjam:

«Agir sur la productivité des entreprises»

Michel Reckinger, président de la Fédération des artisans

«Garder la politique des chemins courts»

Tom Oberweis, président de la Chambre des métiers