Acquisition

Legend Holdings a reçu les clés de la Bil

11 Juillet 2018 Par Jean-Michel Lalieu
Luc Frieden, président du conseil d'administration de la Bil.
Le président du conseil d’administration de la Bil, Luc Frieden, a souhaité préciser: «Nous ne sommes pas la huitième banque chinoise au Luxembourg.» (Photo: Lala La Photo)

Les Chinois de Legend Holdings ont pris possession des murs de la Bil après avoir obtenu le laissez-passer de la Banque centrale européenne. Ils confirment vouloir poursuivre la stratégie et le management mis en place.

Une semaine après l’autorisation par la BCE du rachat de la Bil par le groupe chinois Legend Holdings, et 10 mois après l’annonce de l’opération, les nouveaux actionnaires sont venus à Luxembourg pour, notamment, se présenter au personnel. L’occasion aussi pour Liu Chuanzhi, le fondateur et président du groupe, d’avoir un premier contact mercredi avec la presse locale.

Première confirmation de sa part, le maintien du management. «Le président Luc Frieden et le CEO Hugues Delcourt ont réalisé un travail conséquent. Notre objectif est vraiment de travailler dans la continuité de la stratégie 2020 mise en place par la direction actuelle.»

Groupe diversifié dans la technologie – il est le propriétaire de la marque Lenovo –, la finance, mais aussi l’alimentaire et les services, Legend Holdings affiche un chiffre d’affaires de 41 milliards d’euros, emploie 60.000 personnes et gère 43,6 milliards d’euros d’actifs.

Legend Holdings est un groupe privé fortement diversifié.

«Actionnaire à long terme»

Pour obtenir les 90% de la Bil, Legend Holdings a offert 1,48 milliard d’euros au groupe qatari et ancien actionnaire majoritaire Precision Capital, tandis que l’État luxembourgeois conserve 10%. Mais le Chinois se dit déjà prêt à injecter de nouveaux capitaux si la stratégie de la banque l’exige. «Nous sommes des actionnaires à long terme», insiste Li Peng, senior vice president de Legend Holdings, et désormais administrateur du groupe au sein de la Bil avec Li Jing, managing director of overseas investments.


De gauche à droite: Li Peng, senior vice president Legend Holdings, Zhu Linan, executive director Legend Holdings, Liu Chuanzhi, chairman Legend Holdings, Luc Frieden, président du CA de la Bil, Hugues Delcourt, CEO de la Bil, Li Jing, managing director of overseas investments.

Pour le président Liu Chuanzhi, «cette opération est aussi l’occasion de renforcer les liens existants entre la Chine et l’Europe», même si, actuellement, il précise qu’aucune autre société luxembourgeoise n’est sur le radar.

La Bil aura plus facilement accès à cette clientèle potentielle, mais aussi aux entreprises chinoises.

Hugues Delcourt, CEO de la Bil

Le CEO de la Bil, Hugues Delcourt, voit, lui, deux grandes opportunités à saisir dans le rapprochement avec le groupe chinois. Il observe notamment que l’on compte en Chine 1,6 million de HNWI (High net worth individuals), des gens qui disposent d’une fortune de plus de 1,5 million de dollars, et 18.000 «ultra-riches» détenant plus de 50 millions de dollars.

«La Bil aura désormais plus facilement accès à cette clientèle potentielle, mais aussi aux entreprises chinoises qui voudraient travailler en lien avec l’Europe.»

La deuxième opportunité qu’il pointe concerne l’orientation technologique du groupe Legend Holdings «à l’heure où la technologie et l’innovation sont des facteurs-clés dans le monde bancaire».

Nous ne sommes pas la huitième banque chinoise au Luxembourg.

Luc Frieden, président du conseil d’administration de la Bil

Enfin, Luc Frieden tient à le rappeler: «Nous ne sommes pas la huitième banque chinoise au Luxembourg. L’investissement de Legend Holdings est stratégique. La Bil reste une banque universelle luxembourgeoise.» Il précise aussi que, même si les discussions ont été longues avec les autorités de contrôle – CSSF et Banque centrale européenne –, les deux ont convenu que «Legend Holdings est un groupe sérieux et un actionnaire pertinent pour la Bil».