10 ans pour l’INDR

L’économie, simple comme un donut

12 Mars 2018 Par Audrey Somnard
Kate Raworth est économiste. Pour elle, l’économie du 21e siècle s’apparente à un donut, symbole de l’économie circulaire.
Kate Raworth est économiste. Pour elle, l’économie du 21e siècle s’apparente à un donut, symbole de l’économie circulaire. (Photo: Anthony Dehez)

L’INDR fêtait jeudi dernier ses dix ans d’existence. Lors de la soirée, l’économiste Kate Raworth a présenté sa théorie de l’économie «donut»: garantir des conditions de vie de base pour tous et limiter la pression sur les systèmes qui soutiennent la vie sur Terre.

L’économiste d’Oxford s’inscrit dans la politique de l’INDR, qui veut faire de la responsabilité sociale (RSE) un enjeu majeur pour les entreprises.

Pour Michel Wurth, président de l’INDR, le rôle des entreprises est essentiel dans la contribution au développement durable: «L’entreprise moderne et responsable est un acteur-clé du changement et d’un avenir bien pensé dans toute sa complexité. Les entreprises ont compris que leur meilleure stratégie est de créer de la valeur pour elle tout en préservant la société. Elles sont au cœur de la transition vers une croissance qualitative. La RSE n’est plus un ‘trade-off’, mais la seule stratégie gagnante.»

Kate Raworth veut redistribuer les cartes de l’économie mondiale: «Les métriques de l’économie actuelle ne sont plus d’actualité. Nous avons besoin d’une nouvelle boussole». Pour cette dernière, il faut trouver un moyen de répondre à nos besoins, tout en respectant les besoins de la planète.

Repenser les villes

Et de rappeler quelques chiffres: 11% de la population mondiale n’a pas accès à suffisamment de nourriture, 9% n’ont pas accès à de l’eau potable. «Pourquoi une économie du siècle passé pourrait-elle répondre aux problèmes de cette génération?», s’interroge Kate Raworth.

Pour cette dernière, la clé réside dans le fait de repenser les villes, comme la «banlieue donut» de Stockholm, en Suède: tout un quartier repensé autour des habitants dans le respect de l’environnement. Pour l’économiste, le même travail est à faire pour les entreprises, avec au centre de la collaboration l’application de l’économie circulaire.

Elle donne en exemple différents projets concrets à travers le monde, comme celui de cette entreprise basée à Oxford: «Nous fabriquons les voitures dans des usines très éloignées. Transporter les voitures vides ne fait pas de sens, et prend beaucoup de place. Je pense que l’on devrait repenser le modèle avec des voitures envoyées en pièces détachées et montées sur place, près de là où habitent les acheteurs».

Cette économie du donut s’apparente à l’économie circulaire: des projets qui sont bénéfiques à la société, qui ainsi rejaillit sur l’économie. Une vision qui s’inscrit tout à fait dans la mission RSE prônée par l’INDR. Cette vision circulaire met les individus au cœur d’une mission collective.