Projet pilote en cours

Le télétravail séduit quelque 50 agents publics

09 Novembre 2017 Par Jean-Michel Hennebert
Selon les données du ministère de la Fonction publique, 55 fonctionnaires ont signé une convention pour travailler huit heures par semaine en dehors de leur bureau. (Photo: Licence C.C.)

Lancé à la rentrée, le projet pilote visant à permettre aux personnels des administrations d’effectuer leurs tâches hors de leur bureau suscite un certain intérêt, selon les premières analyses. Et leur nombre devrait s’accroître avant la fin de l’expérimentation, fixée fin 2018.

Depuis la rentrée, tous «les agents des administrations en CDI, en poste depuis au moins cinq ans, à l’exception des stagiaires, des chefs d’administration, des responsables de service et des frontaliers» sont éligibles pour participer au projet pilote sur le télétravail. À ce jour, 55 personnes ont signé une convention avec leur chef d’administration pour leur permettre de travailler «dans la limite de huit heures par semaine» hors de leur bureau, selon les données communiquées jeudi à Paperjam par le ministère de la Fonction publique.

Un chiffre encore faible par rapport aux quelque 82.000 agents recensés au sein des différentes administrations, mais qui devrait s’accroître dans les semaines à venir avec la conclusion de nouvelles conventions, notamment au sein du ministère de l’Économie. À ce jour, le ministère de la Fonction publique détient le record de fonctionnaires impliqués, avec 21 personnes ayant fait le choix de travailler à distance au maximum huit heures par semaine. Soit pratiquement la limite fixée au sein d’une même administration, à savoir 25% des effectifs.

Application concrète du projet Rifkin

Comme tous les participants au projet pilote, ils disposent d’un ordinateur portable équipé d’une connexion sécurisée et n’ont aucune baisse de salaire, les heures prestées étant considérées comme identiques à celles effectuées au sein de leur administration. «Les premiers retours semblent même indiquer que l’efficacité est plus grande», glisse un porte-parole du ministère, même si cette remarque n’est basée sur aucune analyse précise.

Sollicité dans le sondage réalisé par le ministère de la Fonction publique sur la qualité de vie et la motivation au travail — dont les résultats seront dévoilés lundi prochain —, le télétravail figure en haut de la liste des domaines d’application concrets de la troisième révolution industrielle plaidée par Jeremy Rifkin. Dévoilée en janvier dernier par Étienne Schneider (LSAP), ministre de l’Économie, l’idée visait à la fois à «permettre de réduire le trafic routier», mais aussi à «engager une réflexion sur l’avenir du travail au Grand-Duché».

Car au final, ce projet pilote au sein de la fonction publique devrait servir de point de référence pour une application au secteur privé. Un groupe de travail dédié a d’ailleurs été mis sur pied, dont les réflexions doivent porter notamment sur la question du télétravail transfrontalier. Une thématique épineuse, en raison notamment des obstacles juridiques et administratifs. Selon le ministère de la Fonction publique, une évaluation du projet mené parmi les agents publics sera réalisée «au cours du deuxième trimestre 2018», le rapport final devant être rendu «au cours du troisième trimestre 2018».