Négociations du Brexit

Le risque «inconfortablement élevé» de no deal inquiète

03 Août 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Mark Carney, actuel gouverneur de la Bank of England, doit quitter son poste à l’été 2019, soit quelques mois après l’entrée en vigueur du Brexit, fixé au 29 mars prochain.
Mark Carney, actuel gouverneur de la Bank of England, doit quitter son poste à l’été 2019, soit quelques mois après l’entrée en vigueur du Brexit, fixée au 29 mars prochain. (Photo: Licence C.C.)

À moins d’un an de la date de départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, le gouverneur de la Bank of England tire la sonnette d’alarme au vu de l’état actuel des négociations entre Bruxelles et Londres, même s’il juge «improbable» l’absence d’un accord futur.

Déjà sceptique quant aux options choisies par le gouvernement de Theresa May pour défendre les intérêts de la City, la Bank of England précise son positionnement. Interrogé vendredi matin sur les ondes de la BBC Radio 4, son gouverneur, Mark Carney, a estimé que «la possibilité d’une absence d’accord (sur le Brexit, ndlr) est inconfortablement élevée à ce stade».

Toutefois, s’il juge cette option «hautement indésirable» et «encore improbable», ce dernier n’hésite pas à assurer que le système financier britannique était «prêt» à un tel scénario. Et ce dernier de préciser avoir «mis les banques à l’épreuve bien à l’avance», en référence à des stress tests voués à vérifier que les établissements financiers britanniques «sont là pour prêter à l’économie» et pourront à l’avenir «avancer au lieu de reculer».

Risque de «prix plus élevés pour un certain temps»

«Nous reconnaissons tous qu’il y a un très large éventail d’issues potentielles aux négociations sur le Brexit et que nous entrons dans une phase critique», a détaillé Mark Carney, en mettant en garde sur les conséquences d’une absence de consensus de part et d’autre de la Manche sur les modalités du divorce.

Selon lui, cette situation entraînerait «des perturbations dans le commerce tel que nous le connaissons et, en conséquence, une perturbation à un certain niveau de l’activité économique, des prix plus élevés pour un certain temps». Raison pour laquelle gouvernement britannique et autorités européennes devraient «tout faire pour éviter» un tel cas de figure.

Inquiétude des autorités de surveillance

Ce vendredi, la Première ministre britannique, Theresa May, rencontre le président français, Emmanuel Macron, dans le cadre d’une tournée des capitales européennes, afin de plaider sa cause. Elle doit également faire escale en Allemagne, en Espagne et en Italie.

De leur côté, les différentes autorités de surveillance du secteur financier demandent aux acteurs concernés de préciser leurs intentions. Et de prévoir tous les scénarios possibles. Dans un avis rendu fin juin, l’Autorité bancaire européenne estimait que «les institutions financières doivent accélérer leurs préparatifs pour un départ potentiel du Royaume-Uni en mars 2019 sans la mise en place d’un accord de retrait ratifié». Cette dernière pressait d’ailleurs les banques à trouver des solutions «sans s’appuyer sur de possibles solutions publiques» que l’Agence bancaire européenne imagine arriver trop tard, voire ne pas arriver du tout.