Marc-André Bechet (Alfi)

«Le Raif remplit l’objectif recherché»

25 Octobre 2017 Par Camille Frati
Marc-André Bechet (Alfi)
238 Fiar ont été enregistrés depuis juillet 2016, preuve d’un succès encourageant selon Marc-André Bechet, directeur Legal & Tax à l’Alfi. 

Introduit par la loi de juillet 2016, le fonds d’investissement alternatif réservé (Fiar ou Raif) s’est fait une place de choix sur le marché. Un succès attendu, même si sa nature l’empêche de connaître la success-story des Ucits, explique Marc-André Bechet, directeur Legal & Tax à l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement, intervenu sur ce sujet lors de la conférence LuxReal mardi soir.

Les Fiar ont-ils remporté le succès escompté lors de leur lancement il y a un peu plus d’un an?

«Je dirais que c’est tout à fait un succès. Le Fiar correspond à l’objectif cherché par le législateur luxembourgeois et l’industrie des fonds à Luxembourg au sens qu’il s’agit d’un produit qui satisfait aux normes de la directive AIFMD tout en donnant une flexibilité, puisque le produit n’est pas directement supervisé par la CSSF. Une flexibilité en termes d’utilisation, d’actifs dans lesquels il est investi et de rapidité de mise en place.

L’objectif recherché est totalement compatible avec la directive AIFM qui régule la gestion de produits divers et variés – les fonds d’investissement supervisés par la CSSF, les Fiar et d’autres types de fonds alternatifs.

Comment ont-ils été reçus?

«Ce régime est bien accepté et a été dès le départ intéressant aussi parce qu’on n’a pas tout réinventé: c’est un régime très proche de la loi sur les Sif (fonds d’investissement spécialisés, ndlr). Beaucoup d’éléments étaient ainsi déjà connus de l’ensemble des intervenants dans le marché qui travaillent à Luxembourg. La familiarité avec les Sif s’est reportée sur les Fiar. Quand on présente ce produit à l’étranger, les gens captent rapidement son intérêt et nous n’avons pas à expliquer un régime juridique compliqué. C’est un produit qui n’est pas révolutionnaire, qui est très ciblé et qui témoigne d’une approche très smart.

Le produit est attractif dans un environnement cross-border.

Marc-André Bechet, directeur Legal & Tax de l’Alfi

Les Fiar peuvent-ils embrasser une success-story de l’ampleur de celle des Ucits?

«C’est un créneau assez particulier. Il ne s’agit pas de fonds grand public, ils ne peuvent donc pas se mesurer au succès des fonds Ucits. Ils visent une classe d’actifs alternative même s’il n’y a pas de restriction: le Raif permet de couvrir tous les actifs, y compris classiques, mais revient plutôt à des investisseurs dits professionnels ou sophistiqués.

Le Raif remplit en tout cas l’objectif recherché. 238 étaient établis d’après les derniers chiffres d’octobre, ce qui est tout à fait satisfaisant. À noter qu’un bon quart des Raif est géré par des AIFM hors Luxembourg, ce qui veut dire que le produit est attractif dans un environnement cross-border.»