Candidature envoyée à la BCE

Le Qatar soutient Frieden pour présider la Bil

03 Mars 2016 Par Véronique Poujol
Après la présidence du groupe Saint-Paul fin janvier, l'ancien ministre des Finances marque son retour au Luxembourg. (Photo: archives paperJam)

L’ancien ministre CSV des Finances Luc Frieden devrait être nommé à la présidence du conseil d’administration de la Banque internationale à Luxembourg (Bil), avec le soutien des deux actionnaires de la plus vieille banque luxembourgeoise.

Luc Frieden n’est pas «candidat» à la présidence du conseil d’administration de la Banque internationale à Luxembourg (Bil), comme l’a annoncé RTL Lëtzebuerg ce jeudi, ce qui n’empêche pas qu’il y sera nommé avec le soutien des deux actionnaires de référence de la banque, la société financière Precision Capital, liée à la famille régnante du Qatar, et l’État luxembourgeois qui détient 10% du capital.

La nouvelle de l’arrivée de l’ancien ministre CSV des Finances à la tête de la Bil, en remplacement de François Pauly, devrait être officialisée ce vendredi ou lundi par la banque. Il s’agit d’une affaire presque acquise, sa nomination ayant été envoyée à la Banque centrale européenne pour sa formalisation, la Bil étant une banque systémique qui dépend du contrôle de Francfort.

L’assemblée générale des actionnaires programmée le 29 avril prochain devrait permettre l’élection de Luc Frieden et marquera son retour définitif au Grand-Duché de Luxembourg.

Frieden avait conservé de bonnes relations avec l’actionnaire qatari qu’il avait appelé à la rescousse pour sauver la Bil et racheter KBL epb en octobre 2011.

Le 27 janvier dernier, celui qui avait été présenté comme le dauphin de Jean-Claude Juncker et promis à un destin de Premier ministre, avait pris la tête du groupe Saint-Paul, l’éditeur du Luxemburger Wort.

Un destin politique encore énigmatique

Il avait été initialement contacté par Erny Gillen pour rentrer dans le groupe de presse comme simple administrateur, mais à la suite du défroquage de l’ancien vicaire général, Frieden prit sa place qui s’était libérée.

Suite à la relégation du CSV dans l'opposition au sortir des élections de 2013, Luc Frieden était parti travailler à Londres en juillet 2014, comme vice-président de la Deutsche Bank. Il avait été dans le même temps nommé à la présidence du conseil d'administration de Deutsche Bank Luxembourg. Dans un communiqué envoyé en fin d'après midi, Deutsch Bank confirme le départ de son vice-président pour la fin du mois de mars et salue, par la voix du co-CEO Jürgen Fitschen, la contribution de «Luc».

La question est de savoir ce qu’il compte faire de sa vie en marge de ses deux mandats à Saint-Paul et à la Bil. Va-t-il revenir à son premier métier, celui d’avocat au barreau de Luxembourg?

Son retour sur la scène politique reste encore énigmatique. Ayant quitté l’arène neuf mois après les élections anticipées ayant relégué les chrétiens sociaux dans l’opposition, Luc Frieden est en même temps sorti des sondages, ce qui fait planer le mystère sur sa cote de popularité auprès des Luxembourgeois.