Le patronat en attendait plus
Le patronat, à travers la Chambre de commerce, l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) et la Fédération des industriels luxembourgeois (Fedil), a salué quelques bonnes idées contenues dans le discours sur l’état de la Nation qu’a prononcé le Premier ministre devant la Chambre des députés. Mais également regretté que des thèmes sensibles, comme la mobilité ou les pensions, n’aient fait l’objet d’aucune annonce.
Contrairement aux syndicats qui n’ont pas souhaité se prononcer à chaud, le patronat n’a lui pas manqué de réagir ce mercredi au discours sur l’état de la Nation qu’a prononcé le matin même le Premier ministre Xavier Bettel devant la Chambre des députés.
Le premier à s’exprimer a été le directeur de la Chambre de commerce, Carlo Thelen, qui a noté avec satisfaction l’importance accordée par Xavier Bettel aux thématiques de la flexibilité du temps de travail et du télétravail.
«On ne peut que saluer les mesures visant à développer le télétravail ou le co-working. Il s’agit clairement de modes ‘gagnant-gagnant’ au bénéfice à la fois des employeurs et des salariés», a notamment déclaré Carlo Thelen, qui a aussi salué les intentions de promotion de l’entrepreneuriat, notamment au niveau des lycées.
Les pensions attendront
Se disant «globalement satisfait» de la couleur générale de ce discours, le directeur de la Chambre de commerce a toutefois regretté que certains sujets n’aient pas été abordés, tels que la formation continue, la mobilité, la réforme du régime fiscal sur la propriété intellectuelle et le régime des pensions.
Sur ce dernier point, l’économiste a déclaré qu’il pensait que le gouvernement n’allait «malheureusement pas s’attaquer à ce problème», rappelant que «même dans un scénario démographique très optimiste où la population atteindrait le million d’habitants en 2045, le régime actuel serait en déficit dès 2040».
Du côté de l’Union des entreprises luxembourgoises (UEL), son secrétaire général, Nicolas Henckes, a évoqué «la description d’une situation positive pour le Luxembourg, en termes de croissance ou de chômage notamment, dont on ne peut que se féliciter».
«Mais», ajoute-t-il, «la croissance a tendance à anesthésier toutes les velléités de réforme alors qu’il reste des problèmes structurels dans le pays, entre autres au niveau des pensions ou des finances publiques, qui ne sont pas réglés».
Nicolas Henckes ajoute que d’autres problèmes tels que la mobilité ou le logement – «deux chantiers brûlants» – ont été reconnus et que le gouvernement a commencé à bouger en décidant de premières mesures pour y remédier.
Réparer le toit tant qu’il fait beau
Il évoque également «quelques bonnes idées à venir» dans le cadre notamment du télétravail, avec pour réflexion la manière dont on pourrait augmenter au Luxembourg la part de télétravail dans la population active. «En discutant peut-être avec nos pays voisins», poursuit le secrétaire général de l’UEL pour qui la construction de business centers aux frontières «n’est toutefois qu’une petite solution parmi d’autres, mais intéressante tout de même».
«D’une manière générale, nous pensons que les idées sont là mais qu’elles ne vont pas assez loin», poursuit-il, suggérant au gouvernement «de réparer et d’entretenir le toit tant qu’il faut beau plutôt que d’attendre la prochaine tempête».
«Et ce d’autant que l’environnement international n’est pas rassurant et que le prochain choc économique international peut arriver à tout moment vu les tensions qui existent», conclut Nicolas Henckes.
Des idées à creuser
Enfin, la troisième réaction a été celle de René Winkin, le directeur de la Fédération des industriels luxembourgeois (Fedil), qui a lui salué la bonne santé de l’économie du pays mise en exergue par le Premier ministre et les chiffres du chômage, «encourageants», selon René Winkin, «grâce notamment à la bonne collaboration entre l’Agence pour le développement de l’emploi (Adem) et les entreprises».
«Nous approuvons les quelques annonces qui ont été faites, dont celles sur les nouvelles formes de travail que proposent le numérique et le télétravail», a-t-il aussi ajouté, reconnaissant cependant – du fait de freins légaux – qu’il était difficile de développer le télétravail pour les travailleurs frontaliers alors qu’il pourrait contribuer à résoudre certains problèmes de mobilité.
Qualifiant le discours du Premier ministre de «sortie intéressante», le directeur de la Fedil a souligné qu’il y avait encore de nombreux dossiers «à creuser», notamment en matière de simplification administrative pour laquelle il a regretté qu’aucune annonce n’avait été faite.

