Candidature

Le Luxembourg offrira son domicile à l’ABE

01 Octobre 2017 Par Thierry Raizer
Moonlight, route d'Arlon.
L’ABE pourrait s’établir route d’Arlon, au Moonlight, si le dossier luxembourgeois est retenu. (Photo: Atelier d'architecture Jim Clemes)

La Commission européenne a rendu son évaluation des dossiers de pays candidats pour accueillir l’Autorité bancaire européenne, contrainte au déménagement en raison du Brexit. Le critère de l’immobilier fera peut-être la différence. Et le Luxembourg se veut compétitif.

Infrastructures de transports, système de santé, capacité d’accueil scolaire… Les dossiers des sept villes européennes candidates pour accueillir l’Autorité bancaire européenne (ABE) ont été passés au crible, comme l’avait annoncé la Commission européenne. 

Bruxelles, Dublin, Francfort, Prague, Paris, Vienne, Varsovie et Luxembourg-ville sont en effet en lice depuis qu’elles ont décidé de déposer leur candidature pour accueillir le siège et les équipes de l’ABE. Actuellement localisée à Londres, celle-ci doit déménager dans la perspective du Brexit.

Bons et mauvais points partagés

La Commission européenne avait annoncé vouloir remettre son évaluation des dossiers au 30 septembre. L’agenda a été respecté puisque les documents ont été publiés ce week-end. Ils reprennent de façon pragmatique les renseignements avancés par les gouvernements de chaque pays quant à leurs capacités d’accueil, ainsi que les éléments manquants ou non précisés.

Dans le cas de Luxembourg-ville, la Commission indique par exemple que l’offre ne comprend pas les modalités de sécurité physique et informatique dans le bâtiment proposé pour héberger l’ABE.

La Défense, boulevard du Régent ou route d’Arlon?

Le bâtiment dont il s’agit est le Moonlight, un immeuble de bureaux actuellement en construction par Félix Giorgetti et conçu par le cabinet d’architectes Jim Clemes. Le gouvernement luxembourgeois propose 4.200m2 pour l’agence, disponibles d’ici fin 2018.

C’est peut-être sur la capacité d’accueillir rapidement l’ABE que la décision s’établira. Les dossiers se veulent aussi précis que possible sur ce point. On notera par exemple des espaces disponibles de 6.179 à 96.750m2 à Francfort, un nouvel immeuble de 7.180m2 à Bruxelles – le Regent Park – ou encore des capacités dans le quartier d’affaires de La Défense à Paris.

Certains dossiers reflètent une aide concrète sur le plan immobilier. L’Autriche promet de prendre en charge le contrat de location pour 25 ans à l’usage unique de l’ABE. L’Irlande débloquera une enveloppe de 13,5 millions d’euros qui «devrait couvrir 50% des coûts de location pour 10 ans».

Le dossier luxembourgeois mentionne que l’immeuble proposé sera sans frais de location et que des espaces de bureaux transitoires seront disponibles aux mêmes conditions pour les équipes de l’ABE effectuant le déménagement. Il n’est pas mentionné qui prendra en charge les frais de fonctionnement.

Décision attendue le 20 novembre

Outre les critères formels, les discussions politiques se poursuivent pour savoir si l’ABE sera établie dans une des capitales qui hébergent déjà une agence européenne ou si un signal en faveur de l’Europe de l’Est sera envoyé.

Afin de pouvoir assurer le déménagement de l’ABE dans de bonnes conditions, une décision finale sera prise le 20 novembre en Conseil européen. Il en sera de même pour l’Agence européenne des médicaments siégant également à Londres.