Nico Clement

Le futur d’Editpress sous l’ère Siweck

22 Mars 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Pour Nico Clement, président du conseil d’administration d’Editpress, le deuxième groupe de presse du pays a «fait le choix du journalisme de qualité». (Photo: 100.7)

Invité ce jeudi sur les ondes de 100,7, le président du conseil d’administration du groupe de presse a détaillé les ambitions liées au recrutement de l’ancien rédacteur en chef du Wort au poste de directeur général. Ce dernier prendra la suite, le 1er mai, de Danièle Fonck.

«Nous voulons un journal qui soit orienté vers le lecteur, qui éclaire une panoplie de thèmes via différents angles et qui soit prêt pour l’online.» C’est par cette formule que Nico Clement a résumé, jeudi matin, les missions qui incomberont à Jean-Lou Siweck à compter du 1er mai. Invité du jour de la radio 100,7, le président du conseil d’administration d’Editpress a donc réitéré la vision évoquée lors de l’officialisation du choix de l’ancien rédacteur en chef du Wort pour succéder à Danièle Fonck comme nouveau directeur général du deuxième groupe de presse du pays.

«Nous avons deux approches possibles (pour choisir le successeur de celle qui était en poste depuis 2011, ndlr): soit privilégier l’aspect financier, soit privilégier l’aspect journalistique. Nous avons donc fait le choix clair du journalisme de qualité», assure jeudi Nico Clement, qui précise qu’il est celui qui a eu l’idée de faire appel à l’actuel conseiller économique au ministère d’État. Interrogé sur les réactions suscitées au sein des rédactions par cette décision, le membre du comité exécutif de l’OGBL (le syndicat est actionnaire d’Editpress à hauteur de plus de 60% via la Centrale du LAV asbl, ndlr) assure qu’elles ont «toutes été positives», car «Jean-Lou Siweck était la bonne personne». Et ce même s’il reconnaît que le choix de faire appel à une personnalité externe à Editpress «était le deuxième choix important à réaliser», car il met fin aux nominations internes comme c’était le cas depuis Alvin Sold.

16,4% à 7,9% pour le Tageblatt entre 2006 et 2017

Affirmant que le successeur de Danièle Fonck «bénéficiera d’une grande liberté», Nico Clement assure que le conseil d’administration «n’a pas évoqué de projets concrets» quant à une éventuelle restructuration des rédactions. «Jean-Lou Siweck devra regarder la manière dont le groupe est structuré actuellement, s’il y a des doubles emplois ou non et voir ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas. C’est une démarche normale quand un nouveau directeur général débute», assure le président du conseil d’administration. Même silence sur l’état financier du groupe, qui «fait actuellement l’objet d’un audit dont les résultats seront connus courant mai», Nico Clement assurant toutefois que «l’aide à la presse n’est pas la seule source de revenus puisqu’il y a aussi les abonnements, les ventes en kiosque et l’online».

Selon les derniers chiffres de l’étude TNS Ilres Plurimedia 2017 II, publiée en septembre dernier, le Tageblatt, «vaisseau amiral du groupe» selon l’expression utilisée par la direction générale au cours des dernières années, a vu son taux de pénétration auprès des lecteurs passer de 16,4% en 2006 à 7,9% en 2017. Soit 39.000 lecteurs de plus de 15 ans pour la version papier et 2.300 pour l’e-paper (0,5%). Contre 155.300 pour le Luxemburger Wort en version papier (31,4%) et 14.500 pour sa version électronique (2,9%). En ce qui concerne les autres titres du groupe, les audiences officielles donnent 28.800 lecteurs papier pour Le Quotidien (5,8%), 55.300 pour Revue (11,2%) et 23.500 pour Le Jeudi (4,7%). L’essentiel, propriété à 50% d’Editpress et 50% du groupe suisse Tamedia, affiche pour sa part 124.000 lecteurs de 15 ans et plus (25,1%).

Autant de titres qui ont permis au groupe, en 2016, de toucher 3,6 millions d’euros d’aide à la presse sur une enveloppe globale de 7,4 millions. À lui seul, le Tageblatt avait perçu à cette date 1,7 million d’euros, devant le Luxemburger Wort (1,4 million d’euros) et Le Quotidien (1,2 million d’euros).

Enfin, la question de l’avenir de Danièle Fonck au sein du groupe au-delà du 1er mai reste un peu moins vague. Car si Nico Clement avait indiqué, mi-mars, que ce rôle restait encore à définir, il affirme ce jeudi que celle qui occupe pour quelques semaines encore la double casquette de rédactrice en chef du Tageblatt et de directrice générale d’Editpress «part surtout à la retraite».