Artisanat

Le dynamisme retrouvé de la construction

02 Mars 2018 Par Frédéric Antzorn

Au creux de la vague en 2009, le secteur – malgré la concurrence d’entreprises étrangères et des marges sous tension – en est à son plus haut niveau d’activité depuis la crise.

Les faillites de TC Constructions, début février, et d’Habitat Construction, cette semaine, sont-elles révélatrices d’un malaise qui affecterait le secteur de la construction?

Tom Wirion, directeur de la Chambre des métiers, affirme qu’il n’en est rien, le secteur étant «très dynamique», comme le confirme d’ailleurs le dernier bulletin sur la situation conjoncturelle de l’artisanat. Pour le seul secteur de la construction, son activité a atteint son niveau le plus élevé depuis la crise de 2008.

Après 2016, année qui s’est caractérisée par une stabilisation de l’activité à un haut niveau, l’indicateur a montré à nouveau une légère hausse sur les quatre trimestres de 2017, affirme le bulletin, notant qu’il se rapproche même du niveau de la période de «boom» des années 1999-2002.

Mieux encore, le carnet de commandes des entreprises atteindrait désormais en moyenne 5,9 mois, contre 4 mois seulement au plus fort de la crise en 2009.

Dumping social

Mais Tom Wirion souligne cependant que malgré ce dynamisme, les entreprises du secteur sont soumises à une pression sur leurs marges, 20% d’entre elles ayant même vu décroître leurs bénéfices au quatrième trimestre de l’année écoulée.

En cause, une forte concurrence, notamment de la part d’entreprises prestataires provenant de la Grande Région, dont certaines exerceraient une concurrence déloyale «faisant que les prix sont ce qu’ils sont», explique encore le directeur de la Chambre des métiers. D’où un appel lancé une nouvelle fois aux autorités pour que davantage de contrôles soient exercés sur les chantiers, en matière de droit du travail et de salaires notamment. «Il faut que tout le monde joue le même jeu», poursuit Tom Wirion.

Pour le reste, pour en revenir aux deux faillites «particulières» prononcées le mois dernier, notre interlocuteur affirme ne pas se faire trop de souci sur le devenir de la petite centaine de salariés concernés, le secteur étant en pénurie de main-d’œuvre aussi bien qualifiée que non qualifiée.

«Dès lors, la plupart de ces personnes devraient rapidement retrouver un travail», assure Tom Wirion.