Législatives 2018

Le DP positionné comme incontournable

15 Octobre 2018 Par Thierry Raizer
Xavier Bettel, DP
En arrivant à la grande soirée électorale au siège de RTL, Xavier Bettel sait que son parti a toutes les chances de rester au pouvoir. (Photo: Anthony Dehez)

Le parti du Premier ministre perd un siège, mais apparaît comme incontournable en cas de formation d’un gouvernement à deux ou à trois.

Il aura fallu attendre l’arrivée de Corinne Cahen, présidente du parti, et de Xavier Bettel, Premier ministre et tête de liste nationale, pour que l’ambiance monte nettement d’un cran dans les rangs du DP. 

Ses supporters étaient réunis au Glacis, au Hitch, dimanche soir, pour vivre une soirée des législatives qui s’est amorcée avec prudence.

Les supporters ont accueilli chaleureusement la délégation venue de l’Est, avec, à bord du minibus, Lex Delles, le député-bourgmestre de Mondorf-les-Bains, visage de la nouvelle génération du parti et réélu en doublant presque son score, de 5.338 à 10.401 voix. Soit le second score de la circonscription Est, derrière Françoise Hetto (CSV). 

À l’arrivée de deux dirigeants du parti, les troupes étaient visiblement ravies: 


Avec 12 sièges, le DP en perd un dans le Centre (désormais 5 sièges), mais conforte ses positions dans les autres régions du pays: 3 au Sud, 2 au Nord et 2 à l’Est.

 

Poursuivre la politique entamée

Ovationné sur la petite scène et devant une salle bondée, Xavier Bettel a qualifié cette soirée électorale de majeure pour le parti, en remerciant le travail collectif mené pendant la campagne. Pour le Premier ministre, l’électeur a envoyé un signal clair pour poursuivre le travail entamé depuis cinq ans. Une porte ouverte vers la constitution de «Gambia 2», qui compterait toutefois un siège de moins, à 31 élus.



Le renouveau confirmé 

Dans les rangs des élus ou parmi les ténors et sages du parti, la satisfaction prédominait dimanche soir. Le DP n’a pas subi de perte prévue par les sondages des derniers mois et apparaît comme incontournable pour mener une coalition, que ce soit avec le CSV (33 sièges en cas d’alliance) ou pour une Gambia 2.  

Avec un CSV en perte de vitesse (-2 à 21 sièges), le premier parti du pays n’a pas la faveur première, et la coalition tripartite circule évidemment dans les conversations. 

«La coalition CSV-Déi Gréng n’est pas possible», relève l’ancienne ministre Colette Flesch. «Ça sera un peu plus étroit avec 31 voix, mais la décision dépendra aussi du parti socialiste, s’il décide d’aller dans l’opposition ou non.»

Anne Brasseur avait quant à elle choisi de ne plus se représenter. En prenant connaissance des résultats, l’ancienne députée se réjouit de voir «tellement de jeunes, des visages que je ne connais pas. Cela me donne beaucoup d’espoir, et quand je vois le succès rencontré par le Premier ministre, je suis rassuré pour l’avenir du parti.»

Plus qu’une victoire sur les adversaires politiques, Xavier Bettel et Corinne Cahen devaient décrocher une victoire en interne, eux qui avaient effectué un rajeunissement des cadres en arrivant au pouvoir il y a cinq ans et avaient misé pour cette campagne sur un futur «op Lëtzebuergesch».

Les nouveaux candidats présents sur les listes n’ont pas percé cette année, comme avait pu le faire cinq ans plus tôt Corinne Cahen, mais la dynamique semble enclenchée dans les rangs du DP. À noter que Pierre Gramegna a passé le test des urnes pour sa première élection et se classe même devant Claude Meisch, avec 18.383 voix dans le Sud, contre 15.527 voix pour le ministre de l’Éducation nationale sortant.

Xavier Bettel peut quant à lui revendiquer la seconde place du podium de la popularité, avec 30.774 voix (32.064 en 2013), derrière Jean Asselborn (LSAP, avec 40.283 voix).