Brexit

Le dîner désastreux entre Juncker et May

02 Mai 2017 Par François Aulner
Theresa May et Jean-Claude Juncker
Theresa May recevait Jean-Claude Juncker chez elle mercredi dernier. L’entrevue aurait été amicale et constructive. Le contenu des discussions pas vraiment. (Photo: Crown - Jay Allen)

L’entrevue entre le président de la Commission européenne et la Première ministre britannique mercredi dernier aurait révélé de profondes différences, rapportent les médias. Selon Londres, il s’agirait de «ragots».

La première entrevue entre le président de la Commission européenne et la Première ministre britannique depuis le déclenchement définitif de la sortie de l’UE le 29 mars n’aura donc pas amélioré l’atmosphère autour du Brexit. Après avoir passé plusieurs heures en compagnie de Theresa May, Jean-Claude Juncker «a quitté le 10 Downing Street 10 fois plus sceptique qu’avant», rapportait la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) ce dimanche.

Repris par les médias britanniques lundi, les affirmations de la FAZ révèlent que, selon Jean-Claude Juncker, Theresa May vivrait «dans une autre galaxie». C’est d’ailleurs après une conversation avec le président de la Commission européenne que la chancelière allemande, Angela Merkel, aurait tenu des propos sévères jeudi dernier, qualifiant d’«illusion» l’espoir de certains politiciens britanniques que le Royaume-Uni pourrait maintenir en grande partie ses droits européens après sa sortie de l’UE.

Du «dîner désastreux» entre Juncker et May, on peut retenir qu’aux yeux de la Commission européenne, les positions du gouvernement britannique ne seraient pas réalistes, tant sur son espoir d’arriver à un accord sur les expats dès fin juin, donc juste après les élections anticipées au Royaume-Uni, que sur l’espoir de ne pas devoir honorer ses engagements financiers estimés à 60 milliards d’euros. Face à certaines options de chantage britannique, Jean-Claude Juncker aurait rappelé à Theresa May que l’UE ne serait pas un «club de golf».

Le canal officiel

Autant pour les canaux inofficieux relatés par la presse. Ces informations étant peu utiles à la conservatrice Theresa May, la Première ministre britannique a décrit lundi les affirmations de la FAZ comme «ragots bruxellois». Reconnaissant en revanche que les négociations sur le Brexit pourraient devenir «dures», elle indiquait que même la Commission européenne aurait qualifié l’entrevue de «constructive».

Jean-Claude Juncker confirmait cette affirmation samedi lors d’une réunion extraordinaire des 27 à Bruxelles au sujet des orientations à prendre en relation avec les négociations du retrait du Royaume-Uni de l’UE. Il ajoutait cependant que «nous avons un problème», étant donné que la sortie des Britanniques de l’Union ne pourrait «pas se faire simplement comme ça».

Pour conclure, Jean-Claude Juncker déclarait: «Mais c’était excellent». Comme il l’aime: en laissant sa déclaration ouverte à l’interprétation sarcastique.