Assurance

Le client au cœur de la réflexion

aujourd'hui Par Thierry Raizer
Aca Insurance Day
L’Aca Insurance Day réunit les professionnels du secteur pour des panels de débat et une séance académique. (Photo: Archives / Maison Moderne)

Entre le digital et le réglementaire, l’Association des compagnies d’assurances accompagne ses membres dans leur diversité. Les sujets seront au cœur du traditionnel Aca Insurance Day.

Le secteur de l’assurance se projette, comme les autres piliers du secteur financier, en fonction de l’agenda réglementaire, d’une part, et des évolutions digitales, d’autre part. Une double perspective qui interviendra au cœur de l’édition 2017 de l’Aca Insurance Day, le rendez-vous annuel des acteurs de l’assurance au Luxembourg et des sociétés de services qui les servent. Cette année, l’Association des compagnies d’assurances (Aca), qui organise l’événement, a choisi de construire le programme autour des besoins du client. «Nous avons construit un programme pour passer en revue les besoins de nos clients et cerner la façon dont nous pouvons les approcher par le digital», déclare Sarah Lentini, communication advisor auprès de l’Aca. Car la particularité du secteur luxembourgeois à l’international est de construire son succès sur la distribution de produits en vie par l’intermédiaire de partenaires qui sont aussi des clients.

Efforts partagés

Après la fastidieuse intégration des obligations de Solvency II, les assureurs doivent, sur le plan réglementaire, se préparer aux acronymes Priips (Packaged Retail and Insurance-based Investment Products) et IDD (Insurance Distribution Directive, directive sur l’ intermédiation en assurance) d’ici l’an prochain. Des directives européennes qui ont pour objectif, selon la Commission européenne, d’aligner la protection des investisseurs entre les industries, de la banque aux fonds, en passant par l’assurance.

«Nous menons des groupes de travail en continu depuis plusieurs mois, notamment pour mettre en place un formulaire qui est le fruit du travail avec nos membres et membres effectifs», ajoute Sarah Lentini. L’ambition de la démarche est de trouver les dénominateurs communs. «Le secteur de l’assurance est très diversifié, avec des entreprises de tailles différentes, des entreprises étrangères qui disposent de consignes de leur maison mère. L’Aca sert donc de plateforme de travail, de réflexion et d’échange sur l’impact de la réglementation sur le business de l’assurance-vie et la refonte du parcours client.»

L’assurance aussi durable

Les chantiers dans le digital sont propres à chaque entreprise d’assurances mais le corollaire du développement de ce canal est la conservation des données personnelles. Le secteur de l’assurance aura aussi ses devoirs à effectuer avec le nouveau Règlement général sur la protection des données (RGPD). Autant de points de réglementation qui entraînent aussi un besoin de formation. Autre focus de l’Aca Insurance Day: la finance durable. Ou comment intégrer le vaste mouvement sur les places financières en faveur de la préservation de la planète et d’une amélioration de la vie des populations défavorisées.

«Nous avons souhaité thématiser la finance durable car le sujet nous tient à cœur, il fait partie de nos nouvelles préoccupations, ajoute Sarah Lentini. Nous voulons montrer que le secteur de l’assurance a pris part à ce mouvement, et même si la maturité locale sur le sujet n’est pas encore atteinte, nous pourrons par exemple profiter du retour d’expérience de Swiss Re qui s’occupe de la question depuis un certain temps.» Les assureurs sont poussés dans cette direction en raison d’une part de risques de plus en plus importante autour des énergies fossiles qui incitent les investisseurs vers des produits décarbonés. Par ailleurs, les règles de transparence imposées au secteur financier favorisent des investissements responsables synonymes d’une meilleure responsabilité sociétale. Sur un autre plan, les assureurs réunis le 23 novembre passeront également en revue le positionnement de la Place face aux autres grands changements, dont le Brexit. Un événement majeur pour l’Europe qui a permis au Luxembourg d’être sollicité par plusieurs grands noms internationaux de l’assurance pour y établir leur quartier général européen.

IDD
Obligations à tous les étages
Publiée le 20 janvier 2016, la directive sur la distribution d’assurances – Insurance Distribution Directive (IDD) – arrive à échéance en février 2018. L’ensemble de la chaîne de valeur de l’assurance est concerné: les concepteurs de produits d’assurances, les distributeurs d’assurances, les produits d’assurances (obligations renforcées pour les produits d’épargne). La directive qui abroge celle sur l’intermédiation en assurance (IMD1) vise à renforcer la protection des clients et harmoniser les règles applicables à tous les distributeurs d’assurances. Selon le cabinet Deloitte, il y a cinq grandes thématiques au cœur de la directive: gouvernance et surveillance des produits, information et transparence, devoir de conseil, capacité professionnelle et formation, et rémunérations et conflits d’intérêts.

Aca Insurance Day
Court et moyen termes au programme
L’édition 2017 de l’Aca Insurance Day balaiera tout d’abord le thème de la digitalisation dans le secteur des assurances avant de se pencher sur les véhicules autonomes et la finance durable. Avant la séance académique durant laquelle Kadidja Sinz, directrice de Liberty Specialty Markets – une des sociétés d’assurances qui se renforcent au Luxembourg en prévision du Brexit –, interviendra avant le ministre des Finances, Pierre Gramegna.
Infos: www.acainsuranceday.lu

Gouvernement
Priips
Le conseil de gouvernement a avalisé dans sa réunion du 6 octobre dernier le projet de loi portant mise en œuvre du règlement (UE) n°286/2014 du Parlement européen et du Conseil du 26 novembre 2014, connu sous le nom de Priips. «Afin d’opérationnaliser le règlement Priips, le présent projet de loi désigne la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) et le Commissariat aux assurances (CAA) comme autorités compétentes pour veiller au respect dudit règlement, précisait le communiqué de presse du gouvernement. La CSSF et le CAA sont à cet effet dotés des pouvoirs de contrôle et d’enquête nécessaires à l’exercice de leurs missions respectives, dans les limites définies par ledit règlement. Conformément aux prescriptions du règlement Priips, un régime de sanctions
est également prévu.»