Barreau de Luxembourg

Le bâtonnier appelle à plus d’éthique

17 Juillet 2018 Par Audrey Somnard
François Prum veut sensibiliser la profession sur l’engagement social du Barreau.
François Prum veut sensibiliser la profession sur l’engagement social du Barreau. (Photo: Maison Moderne / Archives )

L’Union internationale des avocats (UIA) a pris récemment position sur la situation des enfants d’immigrés illégaux aux États-Unis. Une prise de position qui s’inscrit dans un respect des droits fondamentaux.

Des enfants séparés de leurs parents et enfermés dans des cages, c'est le triste constat qu'a dressé l'UIA, dont le Barreau de Luxembourg est membre fondateur, il y a quelques semaines.

Une prise de position inhabituelle selon François Prum, bâtonnier de Luxembourg: «C’est vrai que nos prises de position sur des sujets d’actualité sont plutôt rares, nous ne sommes pas un lobby, mais quand les droits fondamentaux sont bafoués à ce point, nous devons réagir. La dernière fois que nous nous étions prononcés, c’était il y a deux ans, lorsque monsieur Erdogan voulait rétablir la peine de mort en Turquie.»

L’UIA représente deux millions de membres à travers le monde, essentiellement en Europe et en Afrique, de barreaux et d’avocats à titre individuel.

Un congrès pour les «droits humains dans les affaires»

En novembre, l’organisation va se retrouver à Porto pour son congrès annuel, présidé par un Portugais, sous la thématique «esclavage moderne».

Dans la même veine, c’est Luxembourg qui va prendre le flambeau de la présidence et de l’organisation du congrès en 2019, cette fois sous la thématique «droits humains dans les affaires».

Quelque 1.200 avocats seront attendus pour cinq jours de congrès, afin de sensibiliser les confrères sur cette thématique, assez proche de l’édition 2018 portugaise.

François Prum veut sensibiliser ses confrères à s’intéresser au bout de la chaîne quand ils actent un prêt ou un montage financier: «Il faut aller dans le détail plutôt que juste s’intéresser à l’entité juridique qui souscrit à un prêt, surtout si au bout de la chaîne cela veut dire travail des enfants. Cela demande d’être critique et de mettre plus d’éthique dans notre activité», estime ce dernier.